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Nachrichten.fr · June 11, 2026

France : Nouvelle surveillance radar prévue pour la distance de sécurité, l’obligation de la ceinture et l’utilisation du téléphone portable

L’État français prévoit d’étendre les contrôles de la circulation grâce à l’intelligence artificielle (IA) et à une technologie radar intelligente. Dès 2025, de nouvelles infractions telles que le non-respect de la distance de sécurité, le non-port de la ceinture de sécurité et l’utilisation du téléphone au volant pourraient être automatiquement détectées et sanctionnées. Cette proposition, contenue dans le projet de loi de finances 2025, vise à accroître la sécurité routière – mais suscite également de vives critiques de la part des associations d’automobilistes.

La surveillance prévue va au-delà de la mesure traditionnelle de la vitesse et doit permettre, grâce à des radars dotés d’une IA, de détecter d’autres infractions liées à la sécurité. Le gouvernement a alloué un budget de 46,3 millions d’euros pour le déploiement et la maintenance des installations existantes. Au total, une légère augmentation du nombre de radars à 4 160 appareils est prévue, dont « plusieurs centaines » seront équipés des nouvelles fonctionnalités. Aucun calendrier précis de démarrage n’a encore été fixé.

IA et radar – nouvelle ère de la surveillance routière ?

Les dispositifs radar assistés par IA prévus devraient être capables d’évaluer des situations plus complexes grâce à la reconnaissance d’images et à l’analyse de données. Que le conducteur garde une distance suffisante avec le véhicule devant lui, qu’il porte correctement sa ceinture de sécurité ou qu’il tienne son téléphone en main, pourrait être automatiquement reconnu par ces systèmes radar « intelligents » à l’avenir. L’utilisation de technologies innovantes telles que l’IA et la « data science » est considérée comme nécessaire pour augmenter l’efficacité du contrôle routier et lutter contre l’augmentation du nombre d’infractions au code de la route.

Cependant, alors que la technologie progresse rapidement, les inquiétudes des automobilistes grandissent également. Ainsi, l’association française d’automobilistes « 40 millions d’automobilistes » qualifie les mesures de « folie administrative » et dénonce l’émission automatisée des amendes. L’association craint une « avalanche d’avis d’amendes », qui pourrait non seulement entraîner une forte augmentation des coûts postaux liés à l’envoi des avertissements, mais aussi mettre en danger la confiance du public dans la proportionnalité des sanctions.

Une voie controversée vers plus de sécurité ?

Ce qui au premier abord semble être une mesure cohérente pour augmenter la sécurité routière soulève des questions : cette focalisation sur les sanctions automatisées aura-t-elle finalement l’effet escompté ? Selon l’association « 40 millions d’automobilistes », cette extension des contrôles aboutira surtout à une chose : une charge financière accrue pour les automobilistes. Chacune de ces nouvelles infractions pourrait être sanctionnée par une amende de 135 euros et un retrait de trois points sur le permis de conduire.

Les critiques de l’association ne portent donc pas seulement sur les technologies elles-mêmes, mais sur le concept de contrôle sous-jacent. Le reproche est que la surveillance accrue doit avant tout mener à une augmentation des recettes des amendes, sans apporter de gain de sécurité perceptible. Le gouvernement, quant à lui, souligne la nécessité d’explorer de nouvelles voies pour prévenir les accidents – compte tenu du fait que la distraction au volant et le non-respect du port de la ceinture représentent des risques d’accidents significatifs.

Où est laissé l’espace personnel de manœuvre ?

L’introduction de la surveillance radar basée sur l’IA pourrait également déclencher une nouvelle discussion sur la vie privée et la responsabilité individuelle dans la circulation routière. De nombreux conducteurs pourraient se sentir surveillés et limités si les radars ne mesurent pas seulement la vitesse, mais espionnent également à travers le pare-brise pour évaluer le comportement des occupants. Dans un contexte de surveillance constante, la question demeure de savoir dans quelle mesure la responsabilité individuelle et le bon sens des conducteurs comptent encore – ou si le comportement de conduite s’adapte de plus en plus aux règles et sanctions automatisées.

La question fondamentale reste donc : l’utilisation de l’IA dans la circulation routière crée-t-elle réellement la sécurité souhaitée, ou s’accroît-elle principalement le sentiment d’être constamment observé ?

Sur une trajectoire de collision – citoyens et État

Cette extension de la surveillance du trafic pourrait en France mettre la relation entre automobilistes et autorités à rude épreuve. 40 millions d’automobilistes évoquent une perte de confiance de la population dans l’équité des mesures étatiques. De nombreux conducteurs perçoivent l’élargissement du système de contrôle radar comme une mesure de contrôle unilatérale, qui réduit encore davantage la marge de manœuvre dans la circulation routière et, en fin de compte, alimente le budget des amendes de l’État.

Le projet comporte également un autre aspect : la mise en œuvre de ces technologies et leur maintenance entraînent des coûts élevés. Une part importante du budget est prévue pour les « frais d’impression et d’envoi des avis de contravention » – une dépense qui laisse supposer que le gouvernement s’attend à une augmentation significative des avis de contravention. Cette approche est critiquée par le lobby des automobilistes et considérée comme potentiellement disproportionnée.

Un exercice d’équilibre pour l’avenir de la circulation routière

Bien que beaucoup soutiennent la modernisation de la sécurité routière, le sujet reste très controversé. L’introduction de l’IA dans la technologie radar pourrait rendre les routes françaises plus sûres – ou, du point de vue des critiques, conduire à une augmentation drastique des amendes, ce qui ébranlerait encore la confiance de la population dans le système.

Il est clair que la transition vers un système reposant de plus en plus sur l’IA et l’automatisation est un exercice d’équilibre, visant à trouver un juste milieu entre efficacité et proximité avec les citoyens.