Toulouse – 06.07.2026 : Selon son avocat Pierre Debuisson, Cédric Jubillar a reconnu, dans une lettre détaillée, être responsable de la mort de son épouse Delphine. Debuisson a déclaré au quotidien régional La Dépêche du Midi que son client lui avait remis le document ; les déclarations qu’il contient équivaudraient à un aveu. Le journal indique avoir consulté la lettre.
L’affaire occupe la justice et l’opinion publique depuis la disparition de Delphine Jubillar dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (département du Tarn). Malgré des recherches approfondies, le corps n’a toujours pas été retrouvé. En octobre 2025, la Cour d’assises du Tarn a condamné en première instance Cédric Jubillar pour meurtre à 30 ans de réclusion. La condamnation reposait sur une chaîne d’indices, des témoignages de l’entourage du couple et des expertises médico-légales. Jubillar a fait appel du jugement.
La lettre désormais révélée pourrait modifier la situation procédurale. En France, même après une condamnation, l’audience d’appel constitue un réexamen complet du fond. Un aveu écrit peut influencer l’appréciation des preuves, mais ne remplace pas la constatation judiciaire. Il requiert en général une qualification formelle par le parquet général et la cour d’appel, notamment quant à son authenticité, aux circonstances de sa rédaction et à sa compatibilité avec les déclarations antérieures de l’accusé. La question de savoir si la lettre pourrait être considérée comme une circonstance atténuante dépend notamment du moment, de la volontarité et de la précision du contenu des déclarations.
Selon des reportages concordants, Jubillar se trouverait toujours à la Maison d’arrêt de Seysses. Son avocat actuel, Debuisson, assure la défense depuis janvier 2026. Il avait auparavant évoqué les conditions de détention et une stratégie adaptée. Aucune déclaration officielle du parquet ou de la cour d’appel n’était disponible lundi matin. Des milieux judiciaires indiquent que le document sera examiné quant à sa portée formelle et aux éventuelles conséquences pour la suite de la procédure.
Pour les proches de Delphine Jubillar, la question du lieu où se trouve la disparue reste centrale. Un aveu pourrait ouvrir de nouvelles pistes d’enquête, par exemple s’il contient des indications concrètes sur le lieu ou les circonstances. À ce jour, on ne sait pas si la lettre comporte de telles précisions. Si de nouveaux éléments apparaissaient, la gendarmerie et le parquet compétent du Tarn seraient saisis et pourraient ordonner des mesures complémentaires.
Aucune date pour l’audience d’appel n’a encore été confirmée publiquement. Les observateurs estiment que la défense et l’accusation vont verser la correspondance au dossier au titre de la procédure. Ce n’est qu’après l’examen judiciaire que la valeur probante de l’aveu allégué et d’éventuelles adaptations procédurales pourront être déterminées.
Sources
- Franceinfo (RSS)
- La Dépêche du Midi
- Le Dauphiné Libéré