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Nachrichten.fr · July 30, 2026

Commentaire : 700 000 citoyens ? Oh là là — ils ne font que perturber le fonctionnement du Parlement.

(Mit Hilfe von KI erstellte Illustration).

700 000 signatures. Sept cent mille.

Dans une démocratie, on pourrait penser qu’un tel chiffre apporte au moins une chose : être entendu. Un débat. Une confrontation publique des arguments.

Pourtant, ce qui s’est produit est difficile à surpasser en matière d’arrogance bureaucratique : la pétition est examinée, poliment prise en compte — puis transférée dans le tiroir des archives politiques. Merci pour votre engagement. La sortie est par là-bas.

Il faudrait presque féliciter le Parlement français. Il a réussi à expliquer à des centaines de milliers de citoyens en un temps record que leur voix est la bienvenue — à condition qu’elle ne change rien.

Bien sûr, tout est parfaitement conforme à la loi. Personne n’a jamais affirmé que 500 000, ou même 700 000 signatures, obligent le Parlement à organiser un débat. La loi dit seulement : examiner, acquiescer, passer à autre chose. La démocratie par dossier.

Le véritable problème ne réside donc pas dans la décision juridique, mais dans le message politique.

Ce message est le suivant : votre participation ne nous intéresse que tant qu’elle ne perturbe pas notre calendrier.

Quiconque a passé des mois à recueillir des signatures, à mobiliser des compagnons de route et à déposer finalement l’une des pétitions les plus réussies de l’histoire récente de la France ne peut apparemment espérer qu’une chose : un refus sur papier à en-tête officiel.

On ne peut s’empêcher de se demander pourquoi cette plateforme existe. Peut-être comme une sorte de salle de sport démocratique. Les citoyens sont autorisés à s’engager, à montrer leurs muscles, puis à découvrir que les haltères sont en caoutchouc.

Depuis des années, les politiques se plaignent du désintérêt pour la politique, de la baisse de la participation électorale et de l’érosion de la confiance dans les institutions de l’État. En même temps, ils montrent de manière impressionnante comment produire précisément cette méfiance.

Car que doit penser un citoyen lorsque même 700 000 voix ne valent pas la peine d’avoir ne serait-ce qu’un débat ?

Peut-être que la pétition aurait dû être déposée sous la forme d’une vidéo de danse sur TikTok. Là-bas, l’attention semble désormais avoir plus de valeur que sur une plateforme officielle du Parlement.

Les défenseurs de cette décision font valoir que le projet de loi a été débattu. C’est vrai. Mais c’est précisément pour cette raison qu’un débat sur la pétition aurait été un signal fort : Nous avons décidé — et pourtant, nous écoutons une fois encore les citoyens.

La démocratie ne vit pas du fait que les parlements changent constamment d’avis. Mais elle vit de leur volonté d’affronter la critique publique.

Au lieu de cela, on a l’impression d’une classe politique prête à louer la participation citoyenne dans les discours du dimanche, mais qui la considère comme une perturbation gênante dans la vie parlementaire quotidienne.

Peut-être que le Parlement devrait avoir le courage de renommer honnêtement les règles.

Plus de « droit de pétition », mais une « archive de pétitions ».

Au moins, ce serait transparent.

Et peut-être la réforme la plus honnête depuis longtemps.

C. Hatty