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Nachrichten.fr · June 30, 2026

Commentaire : Et le jour de la marmotte recommence

À peine croit-on que le débat est enfin tranché, que le même spectacle recommence. De nouveau, on vote pour savoir si des pesticides, qui ont été interdits pour de bonnes raisons, ne pourraient soudainement pas être une idée brillante. Comme si la chimie, la biologie ou les lois de la nature avaient changé du jour au lendemain.

Spoiler : elles ne l’ont pas.

L’acétamipride reste un pesticide. Le flupyradifuron reste un pesticide. Et les pesticides ne deviennent pas plus inoffensifs parce qu’une majorité parlementaire lève la main. Ils ne perdent ni leur effet sur les insectes ni leurs risques potentiels pour l’environnement et la biodiversité parce qu’on les inscrit dans une nouvelle loi ou qu’on les baptise de termes qui sonnent bien comme “dérogation”.

Combien de fois allons-nous encore jouer à ce jeu ?

Cela fait des années que l’on débat de la mortalité des insectes. Les scientifiques mettent en garde contre la perte de biodiversité. Les abeilles disparaissent, les insectes sauvages reculent de façon dramatique, des écosystèmes entiers se déséquilibrent. En même temps, nous déplorons le déclin de la diversité des espèces, investissons des millions dans des programmes de protection de la nature et plantons des bandes fleuries. Et ensuite arrive invariablement la proposition suivante : réintroduire justement ces substances qui peuvent contribuer à ce problème.

C’est un peu comme vouloir éteindre un feu – et continuer à y verser de l’essence entre-temps.

Bien sûr, de nombreux agriculteurs subissent une pression économique énorme. Ils n’en sont pas seuls responsables. Les politiques, le commerce et les consommateurs exigent des normes environnementales élevées, tout en attendant des denrées à des prix qui couvrent souvent à peine les coûts de production. Ce dilemme est réel et mérite des solutions.

Mais la réponse ne peut pas sérieusement être : remettons simplement les anciens pesticides.

Qu’est-ce qui vient ensuite ? L’amiante, parce que les matériaux d’isolation modernes sont plus chers ? Ou l’essence plombée, parce que le moteur tourne si bien avec ?

On argue sans cesse que d’autres pays européens utilisent ces produits eux aussi. Depuis quand “Les autres le font aussi” est-il un concept politique viable ? Selon cette logique, il faudrait remettre en cause toute réglementation environnementale ou sanitaire tant qu’il existe quelque part dans le monde des normes plus faibles.

Le progrès ne consiste pas à répéter les erreurs du passé. Le progrès consiste à développer de meilleures solutions – des variétés résistantes, des méthodes de protection des cultures biologiques, la recherche moderne et une agriculture économiquement viable sans épuiser davantage les ressources naturelles.

Parfois, on a toutefois l’impression que certains décideurs ne pensent qu’à la prochaine récolte – tandis que les conséquences pour les sols, les eaux et la biodiversité sont laissées aux générations futures.

D’où une question simple :

Quand comprendrez-vous enfin que les pesticides ne deviennent pas meilleurs simplement parce que l’on vote encore et encore pour eux ?

Un commentaire d’Andreas M. Brucker