Elle ne fait pas de talk-shows.
Elle envoie des factures.
Et ces factures sont salées.
Les hôtels perdent toute leur saison. Les campings restent fermés. Les restaurateurs se retrouvent face à des tables vides. Les artisans ne reçoivent aucune commande. Les chaînes d’approvisionnement se rompent. Les assurances augmentent leurs primes ou se retirent des régions particulièrement menacées. L’État intervient avec des aides de plusieurs milliards, payées par les contribuables.
Qui croit réellement que ces coûts vont tout simplement disparaître ?
Ils se retrouvent sur nos avis d’imposition. Sur les primes d’assurance. Sur les prix des denrées alimentaires. Sur les coûts de l’énergie. Sur les loyers. Dans la dette publique. Et, au final, sur les comptes de tous les citoyens.
Le changement climatique n’envoie pas de facture par courrier.
Il prélève directement sur le compte.
Le plus amer, c’est que ce sont précisément les personnes qui ont le moins de marge de manoeuvre qui sont les plus durement touchées. Le petit camping. Le restaurant familial. Le boulanger de la station balnéaire. L’artisan indépendant. Des personnes qui ne disposent ni de groupes internationaux ni de réserves de plusieurs milliards.
Pendant ce temps, on continue de débattre pour savoir si tout cela pourrait vraiment avoir un lien avec le changement climatique.
Bien sûr. Les forêts brûlent depuis des siècles. Il y a toujours eu de la chaleur. Des tempêtes aussi. Tout comme des inondations.
La question décisive n’est toutefois pas de savoir si de tels événements existent.
Mais à quelle fréquence.
Pendant combien de temps.
Avec quelle intensité.
Et à quel prix.
C’est précisément cette évolution que l’on peut désormais observer dans le monde entier.
Il faudrait peut-être donc cesser de considérer la protection du climat exclusivement comme un projet moral. C’est depuis longtemps une politique économique sans concession. Ceux qui n’investissent pas aujourd’hui dans la prévention paieront demain la reconstruction, les indemnisations et les faillites, et ce, plusieurs fois plus cher.
La Gironde est donc bien plus qu’une tragédie régionale.
Elle est un avant-goût.
Un avant-goût de ce qui se produit lorsque les catastrophes naturelles ne sont plus une exception, mais deviennent la norme.
Et peut-être que la plus grande ironie de cette évolution sera un jour que précisément ceux qui ont affirmé pendant des décennies que la protection du climat était trop coûteuse devront désormais constater à quel point l’absence de protection climatique coûte incroyablement cher.
La nature ne négocie pas.
Elle présente des factures.
Et elle ne connaît ni remises ni exceptions idéologiques.
Daniel Ivers
Les voilà donc. Pas un jour. Pas dans un avenir lointain. Pas seulement lorsque les petits-enfants demanderont pourquoi, au juste, personne n’a rien fait. Mais maintenant.
La facture est sur la table.
Des dizaines de milliers d’entreprises luttent pour leur survie. Des familles perdent leurs moyens de subsistance. Des salariés craignent pour leur emploi. Des forêts qui ont grandi pendant des générations sont réduites en cendres en quelques heures. Des stations de vacances qui vivent du tourisme se retrouvent soudain désertes. Des investissements de plusieurs millions se transforment en ruines calcinées.
Mais ne vous inquiétez pas. Ce n’est certainement qu’un “été exceptionnel”. Ou simplement de la “malchance”.
Pendant des décennies, des avertissements ont été lancés. Les climatologues, les experts des incendies, les assureurs et même les réassureurs, qui gagnent leur argent en calculant les risques avec le plus de sang-froid possible, ont répété la même chose : les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents, plus intenses et surtout plus coûteux.
Mais qui voulait entendre cela ?
Il était bien plus simple de considérer chaque vague de chaleur comme une coïncidence, de présenter chaque incendie de forêt comme un cas isolé regrettable et de balayer chaque avertissement scientifique comme une panique exagérée. Après tout, il était plus confortable de s’indigner contre les militants du climat qui se collent aux routes que contre les forêts en feu.
À présent, la réalité prend le relais dans l’argumentation.
Elle ne débat pas.
Elle ne supprime pas les commentaires.
Daniel Ivers
Daniel Ivers
Elle ne fait pas de talk-shows.
Elle envoie des factures.
Et ces factures sont salées.
Les hôtels perdent toute leur saison. Les campings restent fermés. Les restaurateurs se retrouvent face à des tables vides. Les artisans ne reçoivent aucune commande. Les chaînes d’approvisionnement se rompent. Les assurances augmentent leurs primes ou se retirent des régions particulièrement menacées. L’État intervient avec des aides de plusieurs milliards, payées par les contribuables.
Qui croit réellement que ces coûts vont tout simplement disparaître ?
Ils se retrouvent sur nos avis d’imposition. Sur les primes d’assurance. Sur les prix des denrées alimentaires. Sur les coûts de l’énergie. Sur les loyers. Dans la dette publique. Et, au final, sur les comptes de tous les citoyens.
Le changement climatique n’envoie pas de facture par courrier.
Il prélève directement sur le compte.
Le plus amer, c’est que ce sont précisément les personnes qui ont le moins de marge de manoeuvre qui sont les plus durement touchées. Le petit camping. Le restaurant familial. Le boulanger de la station balnéaire. L’artisan indépendant. Des personnes qui ne disposent ni de groupes internationaux ni de réserves de plusieurs milliards.
Pendant ce temps, on continue de débattre pour savoir si tout cela pourrait vraiment avoir un lien avec le changement climatique.
Bien sûr. Les forêts brûlent depuis des siècles. Il y a toujours eu de la chaleur. Des tempêtes aussi. Tout comme des inondations.
La question décisive n’est toutefois pas de savoir si de tels événements existent.
Mais à quelle fréquence.
Pendant combien de temps.
Avec quelle intensité.
Et à quel prix.
C’est précisément cette évolution que l’on peut désormais observer dans le monde entier.
Il faudrait peut-être donc cesser de considérer la protection du climat exclusivement comme un projet moral. C’est depuis longtemps une politique économique sans concession. Ceux qui n’investissent pas aujourd’hui dans la prévention paieront demain la reconstruction, les indemnisations et les faillites, et ce, plusieurs fois plus cher.
La Gironde est donc bien plus qu’une tragédie régionale.
Elle est un avant-goût.
Un avant-goût de ce qui se produit lorsque les catastrophes naturelles ne sont plus une exception, mais deviennent la norme.
Et peut-être que la plus grande ironie de cette évolution sera un jour que précisément ceux qui ont affirmé pendant des décennies que la protection du climat était trop coûteuse devront désormais constater à quel point l’absence de protection climatique coûte incroyablement cher.
La nature ne négocie pas.
Elle présente des factures.
Et elle ne connaît ni remises ni exceptions idéologiques.