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Nachrichten.fr · July 27, 2026

Commentaire : Nice, coups de feu, sidération – et la grande habituation

(Mit Hilfe von KI erstellte Illustration).

En réalité, nous voulions écrire moins souvent sur ce genre de nouvelles. Moins de fusillades. Moins de morts liés à la drogue. Moins de violence en plein milieu des places publiques. Non pas parce que ces sujets seraient sans importance — mais parce qu’on finit par remarquer à quel point cette crise permanente est devenue anesthésiante. Aujourd’hui Nice. Demain Marseille. Après-demain peut-être Bruxelles, Londres ou Hambourg. Les manchettes changent, le schéma reste le même.

Et puis, à Nice, quelqu’un arrive de nouveau sur une trottinette électrique, sort une arme automatique et tire sur des personnes qui, quelques instants auparavant, buvaient encore un café ou voulaient faire des courses.

L’Europe en 2026. Cela ressemble presque à une satire sanguinaire. Malheureusement, c’est la réalité.

Ce qui est particulièrement amer, c’est cette routine effrayante qui s’est depuis longtemps installée. Gyrophares. Rubans de sécurité. Des politiques à l’air grave. Des appels à la « tolérance zéro ». Et les mêmes débats télévisés, où l’on explique longuement pourquoi il faudrait malheureusement « regarder les choses de manière nuancée ». Pendant ce temps, dans certains quartiers, les enfants apprennent plus vite le bruit des tirs que le chant des oiseaux. C’est sacrément détraqué, si l’on est honnête.

Bien sûr, les problèmes n’existent pas seulement depuis hier. Dans de nombreuses villes, des mondes parallèles se sont développés, où l’argent de la drogue, l’intimidation et la violence font depuis longtemps partie du quotidien. L’État n’y apparaît souvent plus que sous la forme de sirènes. Brièvement. Bruyamment. Et la plupart du temps trop tard.

Mais ce qui est presque encore plus accablant que la violence elle-même, c’est l’habitude sociale qui s’y installe. Autrefois, de tels actes provoquaient une sidération nationale. Aujourd’hui, ils défilent dans les informations comme une annonce d’embouteillage sur l’autoroute. Une brève indignation, puis on passe au sport.

C’est peut-être là que réside la véritable tragédie.

Ce ne sont pas seulement les balles qui transforment nos villes. C’est aussi le fait que beaucoup de gens acceptent peu à peu que de telles scènes « en fassent désormais tout simplement partie ».

Et c’est précisément cela qui devrait nous faire peur.

Un commentaire de C. Hatty