Bagdad – 30.07.2026 : Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ont, selon le commandement régional américain CENTCOM, attaqué conjointement des positions de groupes armés liés à l’Iran en Irak. Des avions de combat des deux pays ont frappé plusieurs sites logistiques et dépôts d’armes dans l’est du pays. L’opération aurait été menée en réponse à des attaques de drones qui, selon l’Arabie saoudite, avaient été lancées depuis l’Irak contre des installations énergétiques et d’autres cibles dans le royaume.
Plusieurs groupes pro-iraniens ont ensuite annoncé des représailles contre l’Arabie saoudite. Ils n’ont dans un premier temps fourni aucune précision sur d’éventuelles cibles, le calendrier ou l’ampleur de nouvelles attaques. La responsabilité des précédentes attaques de drones reste également contestée. L’organisation faîtière Résistance islamique en Irak rejette toute responsabilité dans les attaques attribuées à l’Arabie saoudite.
Le ministère saoudien de la Défense avait déclaré le 27 juillet que la défense antiaérienne avait intercepté et détruit des drones lancés depuis l’Irak. Des installations de la province orientale ainsi que la capitale Riyad étaient citées comme cibles possibles. Le gouvernement de Riyad a demandé à Bagdad d’empêcher que le territoire irakien soit utilisé comme point de départ d’attaques contre des pays voisins.
Les Unités de mobilisation populaire, une coalition de milices majoritairement chiites formellement intégrée aux structures de sécurité irakiennes, ont fait état d’au moins 20 morts et 32 blessés. Deux représentants de milices irakiennes ont également rapporté la mort de six conseillers iraniens. Une autorité régionale iranienne a, en revanche, fait état de quatre morts. Ces informations n’avaient pas été confirmées de manière indépendante dans l’immédiat.
Le gouvernement irakien a condamné l’opération américano-saoudienne comme une violation de sa souveraineté. Le Conseil national de sécurité a déclaré que les frappes avaient eu lieu alors que Bagdad s’était déjà entretenu avec les parties concernées au sujet des accusations visant des groupes armés dans le pays. Le gouvernement avait auparavant annoncé l’ouverture d’une enquête sur les déclarations saoudiennes concernant des lancements de drones depuis le territoire irakien.
La marge de manoeuvre de Bagdad est limitée : certaines composantes des Unités de mobilisation populaire relèvent des structures étatiques, tandis que certaines factions entretiennent parallèlement des liens étroits avec Téhéran et poursuivent leurs propres intérêts militaires. Les attaques de forces étrangères accentuent donc la pression sur le gouvernement, qui doit à la fois défendre la souveraineté de l’Etat et contrôler efficacement les groupes armés.
Parallèlement, la confrontation militaire s’est étendue. Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré avoir tiré des missiles balistiques sur la base aérienne jordanienne de Muwaffaq Salti, où des forces américaines sont également stationnées. L’armée jordanienne a annoncé avoir abattu cinq missiles ; aucune information sur d’éventuels dégâts ou victimes n’était disponible dans l’immédiat.
Sur les marchés de l’énergie, l’escalade a provoqué de fortes variations. Le pétrole brut Brent a augmenté de 7,3 % le 29 juillet, à 88,093 dollars américains le baril. Dans le même temps, les voies maritimes de la mer Rouge restent menacées : la milice houthie au Yémen a revendiqué des attaques contre des cibles énergétiques saoudiennes et des navires.
Sources
- CENTCOM
- Associated Press
- Le Monde
- Franceinfo
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