Conflans-Sainte-Honorine – 18.07.2026 : Sous la surface trouble de la Seine, une recherche qui remonte à plusieurs années commence. Des plongeurs de la gendarmerie examinent, près de Conflans-Sainte-Honorine, des voitures immergées découvertes lors de relevés au sonar. La ville se situe dans le département des Yvelines, à la frontière immédiate du Val-d’Oise. Pour les enquêteurs, les épaves ne sont pas seulement de la ferraille au fond du fleuve, mais d’éventuelles pistes vers des destins non élucidés.
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre du projet LETHE. Cet acronyme désigne la localisation d’épaves, l’exploitation hydrographique et les enquêtes. Le projet est dirigé par Yohan Gérard, adjudant-chef et commandant de la brigade fluviale de la gendarmerie à Conflans-Sainte-Honorine. L’objectif est d’établir une carte aussi précise que possible des véhicules présents dans les fleuves et les étendues d’eau françaises, puis de vérifier systématiquement si une découverte pourrait être liée à une ancienne déclaration de disparition.
La procédure commence souvent à la surface : des appareils sonar détectent des structures inhabituelles au fond de l’eau, puis des plongeurs et un véhicule sous-marin télécommandé examinent la découverte. Le courant, la vase et la mauvaise visibilité compliquent ce travail. Les équipes documentent donc d’abord aussi précisément que possible la position d’un véhicule, avant son renflouement ou la poursuite de son examen médico-légal. L’objectif est d’éviter toute altération inutile d’éventuels indices.
Selon Franceinfo, quatre corps humains ont été découverts depuis le lancement du projet, en moins d’un an. Cela ne permet toutefois pas d’en déduire un soupçon concret d’infraction. Une voiture peut s’être retrouvée dans l’eau à la suite d’un accident, d’un suicide ou d’un acte de violence. Dans chaque cas, les autorités d’enquête compétentes et la justice décident des suites à donner.
La gendarmerie souligne que les recherches sont délibérément conçues sur le long terme. En France, de nombreux véhicules pourraient se trouver dans des fleuves, des lacs et des canaux, sans que leur position exacte ait jusqu’à présent été recensée. Dans les anciennes affaires de disparition en particulier, une telle découverte peut fournir de nouvelles pistes d’enquête : par exemple grâce aux plaques d’immatriculation, aux numéros de châssis, aux effets personnels ou à la détermination de la période d’une disparition.
LETHE travaille à cet effet avec le pôle des crimes sériels ou non élucidés du tribunal judiciaire de Nanterre, ainsi qu’avec l’unité DIANE de la gendarmerie dédiée aux affaires non élucidées. Cette coopération doit garantir que les nouvelles découvertes ne soient pas évaluées isolément, mais comparées aux dossiers existants. Pour les proches des personnes disparues, cela peut être éprouvant. Mais l’espoir demeure d’apporter au moins une certitude après de longues années.
Le travail sous l’eau reste une enquête sans réponses rapides. Toutes les épaves ne mènent pas à une identification, toutes les découvertes ne résolvent pas une affaire. Mais la recherche systématique change le regard porté sur ces voitures longtemps ignorées dans la vase : elles peuvent devenir des scènes de crime silencieuses, mais aussi des lieux où des questions restées ouvertes peuvent enfin être examinées.
Sources
- Franceinfo
- Gendarmerie nationale – Gendinfo