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Nachrichten.fr · June 16, 2026

Entre acclamations et destructions : les fans du PSG saccagent une exposition photo sur la Place de la Concorde

Paris vacillait de joie durant la nuit – perdant parfois le contrôle. Après la qualification du Paris Saint-Germain pour la finale de l’UEFA Champions League, certaines parties de la capitale française se sont transformées en une mer bruyante de klaxons, de fumigènes et de chants. Mais tandis que des milliers célébraient la victoire contre le FC Bayern, un goût amer est resté au matin suivant.

La manifestation « Vivre ensemble » du célèbre photographe Yann Arthus-Bertrand sur la Place de la Concorde ​​a été particulièrement touchée. De nombreux panneaux photographiques grand format gisaient renversés au sol, endommagés ou arrachés de leurs fixations. Des images qui auraient dû célébrer la cohésion sociale ont précisément été victimes, lors d’une nuit d’euphorie collective, de destructions aveugles. Ironie du sort.

Le photographe a réagi visiblement déçu. Dans une courte vidéo, il a parlé avec ce mélange de sarcasme et de frustration qu’on développe probablement quand l’idéalisme s’écrase contre la réalité du bitume. « Apparemment, les fans du PSG ont beaucoup aimé l’exposition », déclara-t-il sèchement, appelant les volontaires à aider à la reconstruction de l’installation endommagée. Une phrase à moitié plaisanterie, à moitié résignation.

La nuit a également été chaotique ailleurs. Autour des quartiers Trocadéro, Alma et Concorde, il y a eu des émeutes, des dégradations matérielles et des affrontements avec la police. Des groupes de jeunes hommes ont déambulé dans les rues, lancé des feux d’artifice et ont même tenté par moments de pénétrer sur les voies d’accès au périphérique parisien. La police a réagi par une forte présence et a dispersé à plusieurs reprises les rassemblements.

Selon le ministère de l’Intérieur, la police a interpellé 127 personnes, dont plus d’une centaine directement à Paris. Onze personnes ont été blessées, dont une gravement par un mortier de feu d’artifice. Vers deux heures et demie du matin, le calme est lentement revenu. Paris a pu souffler – la ville n’avait toutefois plus un air impeccable après cela.

Ces scènes soulèvent une nouvelle fois une question qui surgit presque rituellement en France après les grandes soirées de football : pourquoi la joie débordante bascule-t-elle si souvent en agressivité ? Bien sûr, des dizaines de milliers de personnes ont célébré pacifiquement. Des familles étaient sur les balcons, des gens dansaient sur les capots de voiture, des inconnus s’embrassaient. Pourtant, comme souvent, quelques dizaines de casseurs suffisent à marquer l’image d’une nuit entière.

En vue de la finale contre Arsenal F.C. le 30 mai à Budapest, les autorités ont déjà annoncé un dispositif de sécurité très important. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a promis des « interventions systématiques » en cas de nouvelles émeutes. Par ailleurs, la zone réservée aux supporters prévue à Paris provoque déjà des tensions politiques entre la mairie et la police. En coulisses, les tensions sont vives.

Paris aime le football. Mais parfois, cet amour ressemble à une allumette dans une pièce pleine de vapeurs d’essence.

Andreas M. B.