Après des jours de situation exceptionnelle, il y a pour la première fois une raison d’espérer dans le sud-ouest de la France : le dévastateur incendie de forêt dans le département des Landes est considéré comme “fixé”. C’est ce qu’a déclaré le président Emmanuel Macron lundi soir lors d’une visite aux équipes de secours à Bordeaux. Les pompiers et les services de protection civile ont ainsi réussi à stopper provisoirement la progression des flammes.
“La partie de l’incendie dans les Landes est désormais fixée. C’est une bonne nouvelle”, a déclaré Macron. Dans le même temps, le président a vivement mis en garde contre un optimisme prématuré. L’incendie n’est ni entièrement éteint ni définitivement sous contrôle. Les températures élevées, le vent persistant et l’extrême sécheresse pourraient à tout moment raviver des foyers incandescents.
“Fixé” ne signifie pas “éteint”
Dans le vocabulaire des pompiers français, le statut fixé désigne un incendie dont la propagation a été stoppée et dont les lignes de confinement sont largement sécurisées. À l’intérieur de la zone touchée, des flammes, des foyers incandescents et une chaleur importante peuvent toutefois persister. Ce n’est que lorsqu’un feu est classé maîtrisé qu’il est considéré comme sous contrôle. Son extinction complète peut ensuite encore prendre des jours, voire des semaines.
Pour cette raison, de nombreux secours restent mobilisés sur place. Ils surveillent l’ensemble de la zone incendiée, combattent les foyers incandescents restants et sécurisent les secteurs particulièrement menacés. Dans les vastes pinèdes des Landes, la chaleur peut notamment se maintenir profondément dans le sol forestier sec et dans les couches racinaires. Une forte rafale de vent suffit à faire naître un nouveau foyer d’incendie à partir d’une braise apparemment éteinte.
Selon les informations disponibles, environ 3 600 hectares de forêts et de végétation ont été détruits. Près de 200 bâtiments ont également été la proie des flammes. Par moments, des dizaines de milliers de personnes ont dû quitter leurs maisons, leurs hébergements de vacances et leurs campings. Les communes de Biscarrosse, Parentis-en-Born et Sanguinet ont été particulièrement touchées.
Des milliers d’évacués rentrent chez eux
Avec la stabilisation de la situation, quelque 15 000 évacués ont désormais pu regagner leurs maisons et leurs logements. Plusieurs zones résidentielles auparavant fermées à Biscarrosse ont également été rouvertes. Certaines zones restent toutefois interdites d’accès, car des foyers incandescents, des arbres endommagés, des lignes électriques détruites ou des bâtiments menaçant de s’effondrer y présentent encore un danger.
Pour de nombreuses personnes touchées, commence désormais le pénible état des lieux. Si certaines habitations sont restées largement intactes, d’autres familles se retrouvent face aux ruines de leur existence. Des campings, des infrastructures touristiques et de nombreuses entreprises ont également subi d’importants dégâts. Pour cette région en pleine saison estivale, les conséquences économiques sont considérables.
Macron a donc annoncé la mise en place d’une cellule de crise économique, qui doit se réunir chaque jour. L’objectif est de coordonner les mesures d’aide destinées aux communes, aux entreprises, aux salariés et aux familles touchés. L’État français soutiendra celles et ceux qui ont perdu leur logement, leurs moyens de subsistance ou leur emploi à cause des incendies.
En Gironde, la situation reste tendue
Alors que la situation s’améliore prudemment dans les Landes, le grand incendie voisin dans le département de la Gironde demeure extrêmement dangereux. La progression des flammes a certes pu être provisoirement ralentie, mais le feu n’est pas encore considéré comme fixé. Des dizaines de milliers d’hectares de végétation ont déjà été détruits, et les équipes de secours continuent de lutter contre des conditions météorologiques difficiles.
Macron a donc appelé à la prudence. La récente évolution constitue certes un succès important pour les pompiers, mais il est encore impossible de donner un véritable signal de fin d’alerte. Avec le retour attendu de températures élevées et d’un vent persistant, le risque demeure que la situation s’aggrave à nouveau.
La nouvelle venue des Landes marque néanmoins un tournant décisif dans la lutte contre l’un des plus graves incendies de forêt de cet été. Les conditions météorologiques des prochains jours détermineront avant tout si cette amélioration sera durable.
Andreas M. Brucker