Paris – 02.08.2026 : Des lèvres plus pulpeuses, moins de rides, un rendez-vous rapide : sur les réseaux sociaux, des prestataires font la promotion de leurs services avec des photos avant-après et des traitements présentés comme simples. L’Ordre des médecins de France met en garde contre un marché illégal en expansion. En un an, plus de 200 signalements auraient été reçus concernant des personnes se faisant passer pour des médecins ou proposant des actes de médecine esthétique sans y être autorisées.
Bon nombre de ces pratiques sont organisées en dehors des cabinets réglementés. Les rendez-vous sont pris via les réseaux sociaux et d’autres plateformes ; il est souvent difficile pour les personnes intéressées de vérifier la formation et l’identité des prestataires. Or, les injections d’acide hyaluronique pour traiter les rides ou remodeler les lèvres, ainsi que les applications de toxine botulique, sont des actes médicaux. En France, elles ne peuvent pas être réalisées par des esthéticiennes, des esthéticiens ou d’autres personnes ne disposant pas d’une autorisation médicale.
Le ministère de la Santé avait déjà précisé en janvier 2025 que les effractions cutanées à des fins esthétiques réalisées par du personnel non médical sont illégales. Les conséquences possibles vont bien au-delà d’un résultat esthétique raté. Parmi les risques connus figurent les infections, les occlusions vasculaires, les lésions tissulaires ainsi que des atteintes fonctionnelles ou esthétiques durables. En cas de complications survenant hors d’un cabinet équipé médicalement, une prise en charge d’urgence appropriée peut également faire défaut.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins souligne que même une formation médicale ne légitime pas n’importe quelle intervention. Les critères déterminants sont l’autorisation légale, l’inscription à l’Ordre et une qualification suffisante pour le traitement concerné. Les patients peuvent vérifier dans le registre officiel des médecins si une personne est effectivement autorisée à exercer. La méfiance est particulièrement de mise lorsque des prestataires dissimulent leur identité professionnelle, communiquent exclusivement par le biais de comptes privés ou proposent des traitements dans des appartements et des chambres d’hôtel.
Ces affaires peuvent également avoir d’importantes conséquences pénales. Le Code de la santé publique français prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende pour l’exercice illégal de la médecine. Les informations publiées ne permettent pas de savoir si des enquêtes sont déjà en cours concernant les plus de 200 cas suspects signalés. Selon les circonstances, les signalements peuvent être transmis aux autorités sanitaires régionales ou au parquet.
Le débat a pris une urgence supplémentaire à la suite d’incidents graves. En mai 2026, le Sénat s’est penché sur les injections illégales et leurs conséquences sanitaires. Le décès d’une femme après une injection réalisée clandestinement à Villeurbanne a également été évoqué. Cet incident doit être distingué des signalements actuels de l’Ordre des médecins. Il rend toutefois visible le risque concret d’un marché sur lequel l’origine des produits, les compétences professionnelles et le suivi médical sont souvent impossibles à vérifier.
Sources
- Franceinfo
- Ministère de la Santé
- Conseil national de l’Ordre des médecins
- Légifrance
- Sénat
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