Paris – 07.07.2026 : La chambre d’appel de la cour d’appel de Paris rend ce mardi son jugement dans l’affaire des assistants parlementaires européens de l’ancien Front National, aujourd’hui Rassemblement National. Il s’agit essentiellement de déterminer si la condamnation en première instance pour détournement de fonds européens tient et si une sanction d’inéligibilité est confirmée. Selon le parquet, la procédure porte sur des fonds européens détournés de manière systématique à hauteur d’environ 1,4 million d’euros, qui auraient profité à l’appareil du parti.
En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à quatre ans de prison, dont un an ferme, ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité. La défense a nié toute intention illicite et a évoqué des zones d’ombre dans le droit du Parlement européen concernant les missions des assistants. Lors de l’appel, il a également été soutenu que l’intégration organisationnelle au parti ne correspondait pas nécessairement à une utilisation inadmissible des fonds européens. Le parquet a opposé à cela une pratique structurée, née et consolidée sur plusieurs années.
Politiquement, l’enjeu est considérable : une inéligibilité confirmée exclurait de facto Marine Le Pen d’une candidature officielle à l’élection présidentielle de 2027. Juridiquement, la voie de la Cour de cassation lui resterait ouverte, mais une telle démarche n’aurait pas d’effet suspensif automatique. Des experts juridiques soulignent que des recours en référé contre l’exécution sont possibles au cas par cas, mais le calendrier serait serré et pourrait affecter le calendrier de l’élection présidentielle.
Le Pen a intensifié ces derniers mois sa présence publique par des interventions et des interviews. Selon l’entourage du Rassemblement National, des scénarios internes ont été étudiés au cas où des obstacles juridiques empêcheraient une candidature formelle. Les observateurs insistent sur la nécessité de procédures internes claires au sein du parti si des alternatives doivent être proposées à court terme. Des noms circulent depuis longtemps, mais aucune décision officielle n’a été prise.
La procédure a suscité en France un large débat sur la gestion des fonds européens, le contrôle des emplois parlementaires et les limites de l’exercice des mandats politiques. Alors que la défense insiste sur l’absence de précédents, les représentants du parquet soulignent l’importance de lignes de séparation claires entre le travail de mandat et l’organisation du parti. La cour d’appel annoncera sa décision en début d’après-midi ; les détails substantiels ne seront disponibles qu’avec les motifs écrits. Quel que soit le résultat, la décision devrait influencer la stratégie en vue de 2027.
Sources
- Franceinfo
- Le Monde
- TF1 Info
- Euronews