Paris – 02.07.2026 : La cour d’appel de Paris a fixé la date de l’annonce du jugement dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement National au mardi 7 juillet 2026. L’affaire porte essentiellement sur l’accusation selon laquelle des collaboratrices et collaborateurs de l’ancien Front National/Rassemblement National auraient été en partie rémunérés sur des fonds du Parlement européen sans avoir été employés conformément aux règles parlementaires. Pour Marine Le Pen, la question majeure est surtout une éventuelle inéligibilité — une exclusion du droit de se présenter qui affecterait directement sa participation à l’élection présidentielle de 2027.
Lors de l’audience d’appel en février, le ministère public et la procureure générale avaient demandé la confirmation ou l’aggravation des sanctions prononcées en première instance. Sont en jeu des peines avec sursis ou des peines d’emprisonnement, des amendes ainsi qu’une inéligibilité pouvant aller jusqu’à cinq ans. Il a aussi été suggéré de ne pas rendre nécessairement immédiatement exécutoire une exclusion du droit de se présenter. Sur le plan juridique, l’arrêt d’appel ouvre plusieurs voies : confirmation de la décision de première instance, modification de certains points ou réexamen complet de la culpabilité, de la peine et des éventuelles sanctions complémentaires. Il importe aussi de savoir si une inéligibilité prendrait effet immédiatement ou si le tribunal en suspendrait l’exécution.
Pour le calendrier électoral de 2027, la durée et la date d’entrée en vigueur d’une telle interdiction sont décisives. Une inéligibilité de cinq ans exclurait de facto une candidature à la présidence. Une durée sensiblement plus courte — par exemple deux ans — pourrait laisser des marges de manœuvre, si le début de la mesure ne coïncide pas avec les délais d’enregistrement des candidats. Sont également possibles d’autres voies de recours : contre un arrêt en appel, il est possible de former un pourvoi en cassation devant la Cour de cassation sur la seule question de droit. De telles démarches n’ont en règle générale pas d’effet suspensif sur une inéligibilité, sauf si le tribunal a expressément suspendu son exécution. En matière électorale, en cas de litige, le Conseil constitutionnel est compétent pour examiner l’admissibilité et la validité des candidatures.
Politiquement, l’arrêt influerait directement sur la planification stratégique du Rassemblement National : décisions de personnel, scénarios de remplacement possibles et calendrier de la campagne présidentielle devraient être ajustés en quelques jours. D’autres partis font aussi leurs calculs : une exclusion modifierait l’équilibre des forces au premier tour, tandis qu’une absence d’exclusion maintiendrait le statu quo à droite. Les médias et les autorités électorales devraient clarifier rapidement les délais, les procédures de déclaration et les conséquences formelles, notamment en ce qui concerne les parrainages et le financement des campagnes. En raison de la dimension européenne des faits reprochés, on peut aussi s’attendre à une attention au-delà des frontières françaises.
Indépendamment de l’issue, le 7 juillet reste une date centrale tant sur le plan juridique que politique. Des réactions immédiates des partis et des institutions sont probables ; elles dépendront surtout de la durée, du moment d’entrée en vigueur et de la formulation précise d’une éventuelle inéligibilité.
Sources
- Euronews
- Europe 1
- Le Monde
- Le Parisien
- Le Point
- RTL