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Nachrichten.fr · June 23, 2026

La cour d’appel confirme l’absence de poursuites dans le scandale du chlordécone

Paris – 22.06.2026 : La chambre d’appel de Paris a confirmé lundi la décision de ne pas ouvrir d’enquête pénale dans le scandale du chlordécone. Ce scandale concerne l’usage du pesticide chlordécone aux Antilles françaises, bien que sa nocivité soit connue depuis des décennies.

Le pesticide a notamment été utilisé en Guadeloupe et en Martinique, de 1972 à 1993, dans les plantations de bananes contre le charançon du bananier, bien qu’il soit interdit en France métropolitaine depuis 1990. Le chlordécone peut rester dans le sol jusqu’à 600 ans et entraîne une pollution environnementale massive. Plus de 90 % de la population adulte dans les régions concernées est considérée comme contaminée selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

En 2023, deux juges d’instruction parisiens avaient déjà prononcé un non-lieu, estimant qu’il était difficile de constituer une preuve pénale des accusations. La décision aujourd’hui confirmée a été vivement critiquée par les avocats des parties civiles, qui ont annoncé qu’ils allaient porter le litige devant la Cour de cassation.

Me Rachid Madid a qualifié la décision de « rendez-vous manqué avec les Français, en particulier les Français d’outre-mer ». Me Christophe Lèguevaques a évoqué une « journée sombre », car les responsables bénéficieraient ainsi « d’une immunité ». Avec les autres représentants, les avocats ont annoncé une nouvelle offensive juridique pour enfin tenir les responsables pour compte.

Marie Toussaint, députée européenne écologiste, a qualifié le jugement de « négation de la justice » et réclamé la création d’un tribunal spécial pour sanctionner adéquatement ces crimes.

Cette affaire suscite une grande indignation notamment en Guadeloupe et en Martinique, où de nombreuses personnes craignent toujours les conséquences sanitaires. Le collectif Diasporas solidaires avec les victimes de l’empoisonnement colonial (Dsavec) a déclaré à l’AFP qu’une peur quotidienne règne d’être atteint d’un cancer ou de transmettre le contaminant à ses enfants.

Les premières plaintes pour intoxication et diffusion de substances nocives avaient été déposées dès 2006. Une instruction est en cours depuis 2008, mais la preuve des responsabilités reste difficile à établir car les faits remontent à plusieurs années.

La loi récemment adoptée reconnaissant la responsabilité de l’État oblige le gouvernement français à remettre dans un délai d’un an un rapport sur les modalités d’indemnisation. Pourtant, la déception demeure grande car beaucoup de victimes ne verront pas cette justice réalisée.

Me Georges-Emmanuel Germany a critiqué auprès de l’AFP que la France reconnaisse et indemnise, mais souvent trop tard, et surtout lorsque cela concerne des Français d’outre-mer ou majoritairement des personnes non blanches.

Sources

  • Le Pays De France
  • TF1 Info
  • Agri Mutuel