Cernavoda – 04.08.2026 : La sécheresse persistante et les vagues de chaleur répétées ont fait baisser le niveau du Danube à un point tel que la Roumanie recourt à des mesures inhabituelles pour garantir le fonctionnement de sa centrale nucléaire de Cernavoda. Selon l’agence de presse AP, l’armée roumaine a fait exploser le 3 août, à l’aide de 180 kilogrammes d’explosifs, des rochers dans le canal de Bala. L’objectif était d’acheminer davantage d’eau vers le bras principal du Danube et ainsi vers le système de refroidissement de l’installation.
Selon le rapport, le débit du Danube en Roumanie s’élevait à environ 1 500 mètres cubes par seconde, soit moins d’un tiers de la valeur habituelle en juillet. L’un des deux réacteurs de Cernavoda avait déjà été arrêté. L’installation ne fonctionnait ensuite plus qu’à environ la moitié de sa puissance habituelle ; dans le même temps, l’approvisionnement en eau de refroidissement du second réacteur restait menacé.
Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la centrale dispose de deux réacteurs CANDU, chacun d’une puissance nette de 650 mégawatts. L’installation revêt une importance considérable pour le système électrique roumain : selon l’AIEA, l’énergie nucléaire a couvert plus d’un cinquième de la production nationale d’électricité en 2025. Un arrêt prolongé augmenterait donc les besoins en production provenant d’autres centrales ou en importations d’électricité.
La Hongrie est également touchée. La centrale nucléaire de Paks, qui utilise l’eau du Danube pour son refroidissement, ne produisait plus que 240 mégawatts le 3 août, contre environ 2 000 mégawatts habituellement, selon AP. Le gouvernement avait auparavant appelé les grands consommateurs industriels à économiser l’énergie et limité la consommation durant les heures du soir. Paks est la seule centrale nucléaire du pays et un pilier de l’approvisionnement électrique hongrois.
La sécheresse s’étend bien au-delà du bassin versant du Danube. Le Centre commun de recherche de la Commission européenne avait déjà constaté en juin une aggravation des conditions en Roumanie, en Hongrie, en France, en Allemagne et en Autriche. Fin juillet, il a indiqué que la chaleur et l’absence de précipitations avaient encore réduit l’humidité des sols dans de vastes régions d’Europe occidentale et centrale.
Pour le secteur de l’énergie, la sécheresse agit par plusieurs mécanismes : les cours d’eau fournissent moins d’eau aux centrales hydroélectriques et offrent parallèlement des conditions moins favorables au refroidissement des installations thermiques et nucléaires. La hausse des températures de l’eau peut encore limiter leur utilisation. En mai, la Commission européenne n’avait pas anticipé de risques généraux pour l’approvisionnement durant l’été 2026, mais avait recommandé une surveillance continue en cas de forte demande et de faible production.
Le Premier ministre roumain par intérim, Ilie Bolojan, a déclaré l’état d’alerte dans le secteur énergétique. Après des discussions avec de grandes entreprises industrielles, Dacia et Ford ont interrompu leur production jusqu’au 19 août afin d’effectuer des travaux de maintenance, selon AP. D’autres entreprises se sont engagées à réduire leur consommation durant les pics de charge en soirée.
Sources
- Franceinfo
- Associated Press
- Commission européenne – Centre commun de recherche
- Agence internationale de l’énergie atomique
- Commission européenne – Direction générale de l’énergie
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