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Nachrichten.fr · July 6, 2026

La tapisserie de Bayeux provoque une véritable ruée aux billets au Royaume-Uni

À peine les billets ont-ils été mis en vente qu’un état d’urgence numérique s’est installé. L’exposition de la célèbre tapisserie de Bayeux au British Museum devient, déjà des mois avant son ouverture, un aimant pour le public. L’intérêt a été si colossal que la plateforme de réservation a été temporairement surchargée. Jusqu’à 80 000 personnes attendaient en même temps leur tour pour obtenir un billet. Les moins chanceux ont regardé la file d’attente virtuelle pendant des heures – dans certains cas près de neuf heures. Fou, mais vrai.

Le British Museum enregistre ainsi la vente de billets la plus réussie de son histoire. Dès le premier jour de mise en vente, plus de 2,5 millions de livres ont été versées dans la caisse du musée grâce aux réservations. La première série de ventes pour des visites entre septembre et décembre 2026 s’est presque intégralement épuisée en très peu de temps. D’autres billets pour des dates jusqu’en juillet 2027 seront mis en vente à l’automne ainsi qu’au début de l’année prochaine.

Cet engouement a une origine historique. Pour la première fois depuis près d’un millénaire, la mondialement célèbre tapisserie de Bayeux quitte la France pour une exposition prolongée au Royaume-Uni. Le chef-d’œuvre brodé, long d’environ 70 mètres, raconte l’histoire de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066. Les historiens de l’art considèrent la tapisserie comme l’un des témoignages les plus importants du Moyen Âge européen, car elle combine histoire, savoir-faire et symbolisme politique de manière unique.

Tout le monde ne suit pas ce déplacement avec joie. En France, une résistance importante s’est manifestée. Historiens, restaurateurs et responsables du patrimoine ont vivement mis en garde contre les risques du transport. Selon eux, le textile, âgé de près de mille ans, réagit extrêmement sensiblement aux secousses et aux variations du microclimat.

Les organisateurs affirment en revanche que chaque détail a été planifié au plus près. La tapisserie voyage dans un conteneur spécial spécialement conçu pour absorber les vibrations. La température et l’humidité restent constantes pendant tout le transport. Au regard d’une valeur assurée d’environ 800 millions de livres, ces précautions ne surprennent guère.

Les tarifs d’entrée suscitent également des discussions. Pour les créneaux horaires les plus demandés, le British Museum demande jusqu’à 33 livres. C’est nettement plus cher que les tarifs d’entrée du musée de Bayeux. Les responsables soulignent toutefois l’existence de nombreux créneaux moins onéreux ainsi que l’entrée gratuite pour les visiteurs de moins de 16 ans.

On peut d’ores et déjà prévoir que cette exposition fera partie des points culminants culturels de la décennie au Royaume-Uni. L’affluence écrasante montre de manière saisissante que la tapisserie de Bayeux a conservé sa fascination pendant près d’un millénaire. Certaines œuvres d’art ne vieillissent pas — elles réécrivent l’histoire, à chaque fois.

Par C. Hatty