Saint-Marcel-du-Périgord – 08.07.2026 : En lisière du village, non loin de la Dordogne, le collectionneur Serge Boutade a transformé une ancienne grange en un petit musée de la Vespa. Entre l’odeur d’établi et les plaques émaillées, les scooters s’alignent, chacun avec sa patine, son timbre et une histoire qui dépasse souvent la seule technique. L’exposition ressemble à un album vivant : voyages, réparations sur le bord de la route, vacances à la mer – la Vespa comme décor d’un quotidien où la mobilité rimait avec légèreté.
Boutade expose officiellement sa collection au public depuis 2026. Outre des modèles d’après-guerre qui portent encore la marque de la pénurie de ces années, figurent des variantes ultérieures avec des moteurs plus puissants et des accessoires, ainsi que de rares montages tricycle pour les services de livraison. Beaucoup de véhicules sont en état de marche ; cela explique pourquoi les visiteurs ne se contentent pas de regarder, mais écoutent : bouton de démarrage, starter, un bref vrombissement – des souvenirs sonores qui éveillent l’émotion. Prospectus, outils et pièces détachées montrent comment l’entretien et la consommation ont évolué depuis les années 1950 et combien les propriétaires improvisaient ingénieusement.
La Vespa, lancée en 1946 par le constructeur italien Piaggio, est devenue dans toute l’Europe le symbole d’une liberté urbaine abordable. Au musée, cette histoire européenne se lit de manière concrète : étiquettes de prix, tampons de revendeurs, photos de villes françaises, italiennes et espagnoles relient la technique au paysage urbain et au mode de vie. Plutôt qu’une salle d’exposition distante, on se trouve face à un lieu de collectionneur où l’on est encouragé à toucher et à poser des questions – une différence qui imprime l’atmosphère.
Les acteurs régionaux ont compris que de telles initiatives ont un effet. La Fédération Française des Véhicules d’Epoque référence le lieu, l’office de tourisme de la Dordogne fait la promotion des horaires saisonniers. Pour une région rurale qui se bat pour proposer des offres culturelles loin des grands musées, cela crée un aimant qui relie la culture d’atelier, le travail de mémoire et l’intérêt des visiteurs. Une équipe de France Télévisions a accompagné Boutade ; dans les échanges avec les visiteurs, il est apparu combien la nostalgie est ici un sentiment public – pas seulement une affaire privée.
Le présent est aussi présent : alors que les débats sur les nouvelles motorisations, la sécurité et l’aménagement du trafic urbain nourrissent le discours, la Vespa raconte une autre conception de la mobilité – légère, réparable, assez lente pour percevoir les paysages. Le musée n’oppose pas la modernité, mais offre un espace de résonance. Qui quitte la grange a rarement seulement des modèles et des millésimes en tête. La plupart repartent avec l’image d’un quotidien où technique, style et liberté se rejoignaient – et où un scooter était plus qu’un moyen de transport : un morceau d’identité, ancré dans l’histoire de l’après-guerre en Europe et encore vivant aujourd’hui.
Sources
- Fédération Française des Véhicules d’Epoque
- Dordogne Périgord Tourisme
- France Télévisions
- Auto Plus / presse régionale