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Nachrichten.fr · June 24, 2026

La visite d’État de Macron à Monaco : coopération environnementale à l’ombre des préoccupations financières

Les 7 et 8 juin 2025, le président français Emmanuel Macron effectuera une visite d’État historique à Monaco – la première d’un chef d’État français depuis François Mitterrand en 1984. Officiellement, la coopération en matière de protection de l’environnement et l’engagement commun pour la préservation des océans sont au centre de cette visite. Cependant, ce déplacement intervient au milieu d’une critique internationale croissante concernant le manque d’engagement de Monaco dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

L’engagement environnemental comme priorité diplomatique

La visite de Macron dans la petite principauté méditerranéenne est étroitement liée à la prochaine troisième conférence des Nations Unies pour la protection des océans (Unoc3) à Nice. En compagnie du prince Albert II, Macron visitera durant le week-end plusieurs lieux symboliques, dont l’installation « seaWergie » dans le quartier de Larvotto, qui utilise l’énergie marine pour le chauffage et la climatisation des bâtiments. Cette initiative fait partie de l’objectif de Monaco de devenir climatiquement neutre d’ici 2050. Une visite au Musée océanographique et un forum sur « l’économie bleue » soulignent l’engagement commun des deux pays pour la protection des écosystèmes marins.

Le choix de Nice comme lieu d’organisation de l’Unoc3 n’est pas un hasard : il a été pris en accord entre Macron et le prince Albert afin de mettre en lumière l’engagement de Monaco sur la scène internationale.

Transparence financière sous pression internationale

Parallèlement aux sujets de politique environnementale, Monaco est cependant soumis à une pression considérable concernant ses mesures contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En juin 2024, la Principauté a été placée sur la soi-disant « liste grise » par le Groupe d’action financière international (GAFI), ce qui signifie qu’elle fait l’objet d’une surveillance renforcée et doit corriger les lacunes de son système financier. Malgré certains progrès, comme la création d’une nouvelle autorité de surveillance financière et l’introduction de sanctions financières ciblées, des faiblesses structurelles persistent selon le GAFI, notamment dans la poursuite des crimes financiers et l’application des sanctions.

La Commission européenne a récemment annoncé son intention d’ajouter Monaco à sa liste des « pays tiers à haut risque » – une mesure qui placerait la Principauté au même rang que des pays comme l’Afghanistan, la Corée du Nord et le Panama. Bien que cette décision doive encore être approuvée par le Parlement européen, elle pourrait avoir d’importantes répercussions sur le secteur financier monégasque, notamment un contrôle accru et d’éventuelles restrictions dans les transactions internationales.

La réaction de Monaco et le défi diplomatique

Le gouvernement monégasque rejette fermement les accusations et souligne qu’il n’a reçu aucune notification officielle de Bruxelles. Le ministre des Finances Pierre-André Chiappori a qualifié les rapports de « fiction » et a souligné les progrès accomplis par Monaco en collaboration avec les organisations internationales. Pourtant, l’incertitude demeure, notamment parce que l’inscription sur la liste de l’UE pourrait être une conséquence automatique de la classification du GAFI.(monacomatin.mc)

Pour le président Macron, la visite représente un exercice diplomatique délicat. D’une part, il souhaite souligner les liens historiques et économiques étroits entre la France et Monaco, d’autre part, il doit répondre aux attentes internationales en matière de transparence et d’état de droit. La signature d’un nouvel accord pour renforcer la coopération dans le domaine douanier et la lutte contre la criminalité financière pendant la visite pourrait être un pas dans cette direction.

La visite de Macron à Monaco souligne l’équilibre complexe entre l’amitié diplomatique et la nécessité de respecter les normes internationales. Alors que la coopération environnementale est au premier plan, la question de la transparence financière reste un sujet central, d’une grande importance tant pour Monaco que pour l’UE.

Auteur : P.T.