Paris – 28.07.2026 : Dans la salle obscure du Christine Cinema Club, rue Christine, un public remarquablement jeune s’est réuni dimanche 26 juillet pour “Thelma & Louise”. Lors de la projection du road movie de Ridley Scott, sorti en 1991, les étudiants représentaient la majorité des spectateurs. Ce petit cinéma de répertoire du 6e arrondissement observe ainsi une évolution qui contredit l’image répandue d’un public principalement âgé pour les cycles de films classiques.
Le Christine Cinema Club, un cinéma indépendant près de l’Odéon, s’est spécialisé dans les reprises, les rétrospectives et les cycles thématiques. Les classiques français, américains, italiens et asiatiques y rencontrent un public qui ne connaît souvent ces oeuvres que de nom ou par le biais des plateformes de streaming. La distance temporelle semble plutôt renforcer leur attrait : un film canonique n’est pas perçu comme une oeuvre imposée, mais comme une découverte sur grand écran.
“Thelma & Louise” raconte l’histoire de deux femmes qui s’échappent de leur quotidien et se retrouvent, au cours d’un voyage à travers les Etats-Unis, dans une situation de plus en plus sans issue. Susan Sarandon et Geena Davis ont fait de ces personnages des icônes d’un cinéma qui montre l’affirmation de soi des femmes comme contradictoire, risquée et sans lissage conciliant. Callie Khouri a reçu un Oscar en 1992 pour le scénario. Depuis, le film est régulièrement au coeur de débats féministes et de rétrospectives sur l’histoire du cinéma.
Le fait que cette oeuvre attire précisément de jeunes spectatrices et spectateurs tient sans doute aussi à sa force d’actualité intacte. L’amitié des deux héroïnes, leur colère face à la violence masculine et la question de la liberté personnelle ne semblent guère appartenir à un chapitre clos du début des années 1990. Dans une salle de cinéma, le sujet produit en outre un effet différent de celui d’un visionnage à domicile : les rires, les silences et la concentration sur l’écran deviennent une expérience partagée.
L’intérêt pour les films anciens est particulièrement visible à Paris, car la ville dispose d’un réseau dense de salles indépendantes. Les cinémas de répertoire peuvent présenter des classiques en version originale, dans des copies restaurées ou au sein de cycles programmés. Ainsi, même des titres largement connus trouvent une occasion concrète et un nouveau contexte. Le choix de la salle et la promesse d’une soirée partagée remplacent l’interminable catalogue numérique.
Pour le Christine Cinema Club, cet engouement corrige les attentes habituelles concernant l’activité des salles. Alors que le secteur évoque souvent la concurrence des plateformes, les étudiants semblent justement découvrir une valeur propre dans le rituel analogique : le rendez-vous, l’obscurité et le générique de fin, qui n’est pas immédiatement remplacé par la fenêtre suivante. Le 26 juillet, ils étaient majoritaires dans la salle pour “Thelma & Louise”.
Sources
- Franceinfo
- Christine Cinema Club
- AlloCiné
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