Paris – 21.07.2026 : Le Parlement français s’apprête à adopter définitivement une loi visant à interdire aux moins de 15 ans l’accès aux réseaux sociaux. L’Assemblée nationale et le Sénat examinent mardi le compromis de leur commission mixte paritaire. Si les deux chambres l’approuvent, la France pourrait devenir le premier État européen à fixer par la loi un âge minimum général de 15 ans pour ces services.
La commission mixte paritaire a convenu le 20 juillet d’une version proche de l’approche plus large de l’Assemblée nationale. En principe, l’interdiction devra couvrir tous les réseaux sociaux, et non seulement un groupe de plateformes particulièrement risquées déterminé par les autorités. Le rôle initialement prévu pour l’Arcom, l’autorité de régulation des médias et du numérique, dans l’élaboration de ces listes a été supprimé de l’accord.
L’initiative émane de la députée Laure Miller et a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale en janvier 2026 puis, avec des modifications, par le Sénat fin mars. Elle associe la limite d’âge à d’autres mesures de protection des mineurs. Parmi celles-ci figure l’interdiction des téléphones mobiles dans les lycées, après l’application de règles similaires dans les écoles primaires et secondaires. La justification politique fait notamment référence aux troubles du sommeil, aux problèmes d’attention, au cyberharcèlement et à la diffusion de contenus inappropriés.
Le président Emmanuel Macron fait pression pour que la mesure soit appliquée de manière pratique dès la rentrée scolaire de septembre 2026. Dans une déclaration du 15 juin, il avait initialement proposé d’empêcher l’accès aux nouveaux profils de mineurs de moins de 15 ans ; les comptes déjà existants devraient être fermés ultérieurement. Toutefois, le texte parlementaire désormais présenté formule une interdiction d’accès plus large. Il reste donc un travail technique considérable entre l’ambition légale et une application généralisée.
Une vérification fiable de l’âge sera déterminante, sans que les plateformes ne collectent une quantité disproportionnée de données personnelles. La France dispose déjà depuis 2023 de règles sur la majorité numérique, dont l’efficacité pratique est restée limitée. Les grandes plateformes, majoritairement établies hors de France, devraient adapter leurs procédures d’inscription et de contrôle. La question de savoir comment empêcher les contournements par de fausses déclarations d’âge ou des services étrangers n’a pas non plus reçu de réponse définitive.
À cela s’ajoute le cadre du droit européen. La Commission européenne a contesté le 7 juillet certaines parties de la version française initialement notifiée, car elle accordait des compétences trop larges à l’Arcom vis-à-vis des plateformes et pourrait affecter le marché intérieur unique. L’accord issu de la médiation parlementaire supprime précisément ces éléments de supervision controversés. Néanmoins, la législation européenne sur les services numériques reste déterminante pour les obligations des grandes plateformes et la coopération entre les autorités nationales.
Les votes du 21 juillet décideront donc d’abord du principe politique, et non de la réalité technique immédiate. Même en cas d’adoption définitive, devront suivre la promulgation, des exigences concrètes pour les fournisseurs et une conception juridiquement sûre du contrôle de l’âge. Le gouvernement peut viser une entrée en vigueur en septembre ; la possibilité d’appliquer alors l’interdiction de manière effective et uniforme dépendra de ces étapes encore en attente.
Sources
- Assemblée nationale : dossier législatif sur la protection des mineurs face aux risques des réseaux sociaux
- Sénat : dossier législatif sur la protection des mineurs face aux risques des réseaux sociaux
- Public Sénat : accord des députés et sénateurs en commission mixte paritaire du 20.07.2026
- Commission européenne : législation sur les services numériques
- Présidence de l’Élysée : discours d’Emmanuel Macron du 15.06.2026
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