Washington – 08.08.2026 : Le Sénat américain a confirmé Todd Blanche dans la nuit de vendredi à samedi comme procureur général des États-Unis, par 50 voix contre 49. L’ancien avocat pénaliste personnel du président Donald Trump dirige déjà le ministère par intérim depuis avril. Ce vote lui confère désormais un mandat officiel à la tête de la principale autorité fédérale chargée des poursuites.
Trump avait officiellement proposé Blanche pour ce poste le 8 juin. Il avait auparavant été procureur général adjoint et avait pris la tête de l’administration par intérim après le limogeage de Pam Bondi. Il est déjà le deuxième procureur général confirmé par le Sénat durant le mandat de Trump, en cours depuis 2025. Malgré la majorité républicaine à la chambre, le scrutin s’est joué à une marge extrêmement étroite.
Outre les démocrates, les sénatrices républicaines Susan Collins, du Maine, et Lisa Murkowski, d’Alaska, ont voté contre le candidat. Toutes deux avaient exprimé des doutes quant à l’indépendance politique du ministère. Le républicain Bill Cassidy, de Louisiane, a finalement fait pencher la balance en faveur de Blanche. Il a justifié son soutien par l’espoir que celui-ci puisse défendre des limites juridiques face à la Maison-Blanche au sein du gouvernement.
Un accord entre le ministère de la Justice et l’administration fiscale IRS a particulièrement suscité la controverse. Il prévoyait initialement un fonds d’indemnisation de 1,8 milliard de dollars pour les personnes estimant avoir fait l’objet d’un traitement défavorable de la part des autorités judiciaires pour des raisons politiques. Selon l’Associated Press, des participants à l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021 auraient également pu en bénéficier. L’accord contenait en outre des dispositions très étendues concernant les contrôles fiscaux de Trump et de sa famille.
Sous la pression de sénateurs républicains, Blanche s’est engagé par écrit à ne pas poursuivre le fonds et à restreindre les dispositions de protection fiscale. John Cornyn, du Texas, et Thom Tillis, de Caroline du Nord, avaient conditionné leur soutien à de telles garanties. Ce n’est qu’après cela que la commission judiciaire du Sénat a transmis la nomination au vote final.
Les démocrates considèrent cette décision de nomination comme un danger pour la distance institutionnelle entre la Maison-Blanche et le ministère de la Justice. Blanche avait représenté Trump dans la procédure pénale new-yorkaise concernant des paiements dissimulés destinés à acheter le silence, ainsi que dans deux procédures fédérales. Ses soutiens mettent en avant son ancienne activité de procureur fédéral et sa connaissance de l’administration. Le fait que sa confirmation n’ait été obtenue qu’après des concessions et que deux sénatrices républicaines aient voté contre lui témoigne des réserves à l’égard d’un ministre dont la proximité passée avec le président a éclipsé l’ensemble de la nomination.
Sources
- Associated Press
- Maison-Blanche
- Commission judiciaire du Sénat américain
- Franceinfo
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