Paris – 14.07.2026 : Le Premier ministre Sébastien Lecornu entend saisir le Conseil constitutionnel après l’adoption définitive attendue mercredi 15 juillet de la loi sur un droit à l’aide à mourir. Le gouvernement entend ainsi faire examiner certaines garanties de cette réforme de société particulièrement controversée avant sa promulgation.
Selon les services du Premier ministre, la saisine du Conseil constitutionnel portera avant tout sur la durée du délai de rétractation. Les juges constitutionnels devront déterminer si cette disposition est compatible avec les principes de liberté personnelle et de dignité humaine. Le contrôle annoncé ne vise donc pas la loi dans son ensemble, mais un élément central de sa procédure.
L’Assemblée nationale aura le dernier mot, après que le Sénat a de nouveau rejeté le projet en deuxième lecture. Une tentative de conciliation entre les deux chambres avait auparavant échoué. Les députés avaient déjà approuvé le texte en nouvelle lecture le 30 juin, par 295 voix contre 232. Le vote final du 15 juillet doit clore le processus parlementaire.
La loi prévoit, sous des conditions strictes et cumulatives, un accès à l’aide à mourir. Pourraient y prétendre les citoyens français majeurs ou les personnes résidant durablement et légalement en France, atteints d’une maladie grave et incurable. La maladie doit engager le pronostic vital à un stade avancé et irréversible ou en phase terminale.
Il est en principe prévu que la personne concernée absorbe elle-même une substance létale. Après les débats à l’Assemblée nationale, celle-ci pourra toutefois être administrée, sous certaines conditions, par un médecin ou un soignant. La décision doit s’inscrire dans une procédure encadrée médicalement ; une clause de conscience demeure pour les professionnels de santé.
La saisine du Conseil constitutionnel revêt une importance institutionnelle, car le Premier ministre peut, en vertu de l’article 61 de la Constitution de 1958, faire contrôler une norme qui n’a pas encore été promulguée. Un tel contrôle préventif peut valider certaines dispositions, les assortir de réserves d’interprétation ou censurer les passages contestés avant l’entrée en vigueur de la loi.
Le gouvernement répond ainsi aux objections persistantes, notamment dans les camps conservateurs et de droite, qui mettent en garde contre une protection insuffisante des patients vulnérables. Les partisans du texte soulignent au contraire la rigueur des critères d’accès et son articulation avec la loi déjà adoptée visant à renforcer les soins palliatifs. La décision du Conseil constitutionnel sera donc déterminante pour la mise en oeuvre concrète de la réforme.
Sources
- Agence France-Presse via Boursorama
- Assemblée nationale – Dossier législatif sur l’aide à mourir
- Assemblée nationale – Compte rendu intégral de la séance du 22 juin 2026