Retour

Nachrichten.fr · June 11, 2026

Les pompiers d’un genre particulier

Quand on pense aux pompiers à Marseille, on imagine souvent des images d’incendies de forêt gigantesques. Pourtant, les hommes et les femmes du bataillon des Marins-Pompiers accomplissent bien plus que des interventions spectaculaires contre les flammes. Jour après jour, ils sont prêts à intervenir lorsque des personnes ont besoin d’aide — dans les rues, dans les logements, au port ou même en mer.

Les Marins-Pompiers de Marseille occupent une place particulière en France. Leur création remonte à une tragédie. En 1938, un incendie dévastateur détruisit le grand magasin Nouvelles Galeries en plein centre-ville. 75 personnes perdirent alors la vie. Cette catastrophe mit en lumière d’importantes lacunes dans le système de secours de l’époque. En réaction, l’État créa un an plus tard le bataillon des Marins-Pompiers.

Jusqu’à aujourd’hui, cette unité bénéficie d’un statut unique. Les intervenants appartiennent à la marine française et portent donc un uniforme militaire. En même temps, ils remplissent les missions d’un service d’incendie municipal. Cette double identité marque leur quotidien et fait d’eux une particularité dans le paysage sécuritaire français.

Marseille compte près de 900 000 habitants. À cela s’ajoutent des millions de touristes qui visitent chaque année cette métropole méditerranéenne. Le nombre d’appels d’urgence est donc très élevé. Les Marins-Pompiers réalisent plus de 120 000 interventions par an. Les appels d’urgence arrivent 24 heures sur 24 — parfois à la minute près.

Cependant, penser que les pompiers interviennent principalement pour des incendies est une erreur.

La majorité des interventions concernent des urgences médicales. Des chutes de tension, des chutes, des accidents de la route ou des accidents domestiques marquent le quotidien des secours. Une action rapide est souvent décisive entre la vie et la mort. Pour beaucoup d’habitants, les Marins-Pompiers ne sont donc pas seulement des pompiers, mais aussi les premiers secouristes en situation d’urgence.

Marseille présente en outre des défis particuliers pour les secours. La ville abrite le plus grand port de France. D’immenses cargos entrent et sortent chaque jour. S’ajoutent à cela des installations pétrochimiques, des zones industrielles ainsi que de vastes espaces naturels autour de la ville. Chacun de ces secteurs comporte ses propres risques.

C’est pourquoi le bataillon dispose de nombreuses unités spécialisées. Certaines équipes s’occupent des accidents impliquant des matières dangereuses ou des substances chimiques. D’autres surveillent d’éventuelles pollutions marines ou effectuent des interventions de plongée. D’autres encore combattent les incendies de forêts et de végétation dans les collines entourant la ville.

En particulier durant les mois d’été, la tension monte sensiblement. La végétation sèche, des températures élevées et un vent fort transforment rapidement le paysage en une poudrière. Une petite étincelle suffit — et en quelques minutes les flammes se propagent sur de vastes zones. C’est alors que toute la puissance du bataillon se manifeste.

Lors de grands incendies, les Marins-Pompiers collaborent étroitement avec d’autres corps de pompiers de la région. Des centaines d’intervenants, des camions de pompiers et des avions-citernes sont déployés. L’objectif reste toujours le même : protéger les personnes et stopper la propagation du feu.

Mais leur métier ne se résume pas aux grandes catastrophes.

Parfois, un seul appel d’urgence d’une personne âgée qui ne peut plus se relever après une chute suffit. Parfois, ils sauvent des navigateurs au large ou interviennent après un accident de la route sur une voie très fréquentée. C’est précisément cette diversité qui rend leur service si exceptionnel. Quel sera le prochain appel ? Personne ne connaît la réponse.

À Marseille, les Marins-Pompiers portent le surnom affectueux de « marins du feu ». On ne saurait mieux décrire leur mission. Ils allient tradition maritime et service de secours moderne et sont désormais une part intégrante du paysage urbain.

Qu’il s’agisse d’un incendie dans un logement, d’une urgence médicale, d’un accident maritime ou d’un feu de forêt — les habitants savent que l’aide est en route. On remarque souvent leur travail seulement lorsque les sirènes retentissent. Pourtant, chaque jour, ils veillent à ce que l’une des plus grandes villes de France reste en sécurité.

Et c’est là toute leur vraie force : ils n’éteignent pas seulement les incendies. Ils sauvent des vies.

Un article de M. Legrand