Paris – 15.07.2026 : De nombreux consommateurs reçoivent actuellement des e-mails d’entreprises les informant de l’utilisation de pixels de suivi. Cette situation fait suite à une recommandation de l’autorité française de protection des données, la CNIL, dont la période transitoire a pris fin le 14 juillet. Les entreprises qui avaient déjà enregistré des adresses e-mail avant la publication des lignes directrices devaient informer les destinataires de manière compréhensible, dans un délai de trois mois, de l’utilisation de telles technologies et leur offrir une possibilité simple de s’y opposer.
Un pixel de suivi est généralement une image invisible d’une taille d’un pixel sur un pixel. Lorsqu’un message est ouvert et que son contenu d’image est chargé, le serveur de l’expéditeur peut constater que l’e-mail a été consulté. Selon la configuration technique, un code d’identification, l’adresse IP, l’heure d’ouverture et des informations sur l’appareil utilisé peuvent notamment être traités.
Les entreprises utilisent ces données, par exemple, pour contrôler la délivrabilité de leurs messages, mesurer les taux d’ouverture ou adapter les contenus et les fréquences d’envoi. La CNIL souligne toutefois que la boîte de réception des e-mails constitue un environnement particulièrement personnel. L’autorité a également réagi par sa recommandation à un nombre croissant de plaintes concernant cette forme de suivi.
Selon la CNIL, un consentement préalable, libre et éclairé est requis pour de nombreuses finalités. Cela vaut notamment pour l’analyse des ouvertures afin d’optimiser les campagnes, pour la personnalisation de la publicité ou pour l’établissement de profils d’intérêt. Le consentement devrait de préférence être demandé lors de la collecte de l’adresse e-mail. Il doit porter sur l’adresse spécifique et sur les finalités envisagées.
Des exceptions peuvent s’appliquer aux opérations techniquement nécessaires. Cela comprend par exemple la vérification individuelle de la possibilité de délivrer des messages importants d’un service demandé. La CNIL cite comme exemples les notifications de compte, les confirmations de commande, les factures, les alertes de sécurité ou les notifications de réinitialisation d’un mot de passe. Même dans de tels cas, l’autorité recommande la transparence quant à l’utilisation de la technologie.
Les personnes qui ne souhaitent pas de suivi doivent pouvoir retirer leur décision aussi facilement qu’elles l’ont donnée. La CNIL recommande à cette fin un lien facilement accessible dans chaque e-mail concerné. La simple absence de réponse à une demande ne doit pas être considérée comme un consentement. En outre, les expéditeurs ne doivent pas inciter leurs destinataires à consentir par une présentation intrusive.
Dans la pratique, les utilisateurs peuvent également limiter le chargement automatique d’images externes dans leur programme de messagerie. Ainsi, de nombreux pixels basés sur des images ne fonctionnent plus de manière fiable. Cela ne remplace toutefois pas les obligations des expéditeurs : selon la législation française sur la protection des données, ils doivent expliquer la finalité du traitement, pouvoir démontrer des consentements valides et garantir un retrait effectif.
Sources
- CNIL : Recommandations sur les pixels de suivi dans les e-mails
- Légifrance : Délibération n° 2026-042 de la CNIL
- Franceinfo : Dépêche RSS sur les pixels de suivi
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