Paris – 20.07.2026 : L’ancienne porte-parole du gouvernement, Prisca Thevenot, s’est prononcée contre la réintroduction de l’insecticide acétamipride dans le projet de loi visant à garantir la pérennité et la souveraineté de l’agriculture. Dans une interview lundi, la députée proche de l’ancien Premier ministre Gabriel Attal a déclaré qu’elle ne soutenait pas le retour de cette substance active interdite en France. Sa position intervient à un moment décisif de la procédure parlementaire.
Une commission mixte paritaire composée de députés et de sénateurs était parvenue à un texte de compromis le 16 juillet. Celui-ci prévoit une dérogation strictement limitée dans le temps pour les produits contenant de l’acétamipride, mais uniquement pour la culture de la noisette. La décision d’autorisation ne relèverait pas directement du ministère de l’Agriculture, mais de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses, saisie par le ministre. La dérogation serait limitée à un an et ne pourrait être prolongée que deux fois au maximum.
Le dispositif comporte également des obstacles juridiques et techniques. Une autorisation de mise sur le marché ou une dérogation possible au regard du droit européen resterait nécessaire. Le texte de compromis exige en outre que les alternatives ne soient pas suffisamment disponibles et que la situation économique de la production concernée justifie une mesure spéciale. Un organe de contrôle devra informer chaque année le Parlement et le gouvernement des conséquences économiques et écologiques, ainsi que de l’état de la recherche sur les alternatives.
Le sujet a politiquement éclipsé le texte initialement conçu comme une réponse aux manifestations des agriculteurs. La loi comprend des mesures concernant les projets d’avenir pour l’agriculture, la concurrence, les normes, la gestion de l’eau et la production. L’Assemblée nationale avait adopté le projet du gouvernement le 2 juin 2026, tandis que le Sénat l’a profondément modifié le 2 juillet. La procédure accélérée ne permet qu’une lecture par chambre avant la procédure de conciliation.
Le gouvernement avait déjà averti fin juin que le retour de l’acétamipride pourrait mettre en péril l’ensemble du projet. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait alors évoqué le grand nombre d’autres mesures que les exploitations attendent. Les partisans invoquent les désavantages concurrentiels face aux importations et la protection de certaines filières de production. Les critiques, en revanche, y voient des risques écologiques et sanitaires ainsi qu’un conflit avec l’interdiction française en vigueur jusqu’ici.
L’objection de Thevenot montre que le compromis n’est pas non plus acquis au sein du camp présidentiel et centriste. L’examen final à l’Assemblée nationale est prévu le 20 juillet, et le vote au Sénat le 21 juillet. Le maintien ou non de la dérogation limitée concernant l’acétamipride dans le texte dépend donc non seulement de l’accord entre les deux chambres, mais aussi des rapports de force lors des votes finaux.
Sources
- Franceinfo
- Assemblée nationale
- Sénat
- Info.gouv.fr
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