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Nachrichten.fr · May 26, 2026

Quand les parents craquent : comment le football pour enfants devient le théâtre de la violence adulte

Cela aurait dû être un tournoi ordinaire U13 sur la côte méditerranéenne. Des enfants sur un terrain synthétique poussiéreux, des parents au bord du terrain, des entraîneurs avec sifflet et bouteille d’eau en main. Au lieu de cela, le dimanche de football à Six-Fours-les-Plages dans le département du Var s’est terminé avec des gyrophare, à l’hôpital et dans l’horreur.

L’entraîneur de jeunesse Fabien Benachour du club Six-Fours Le Brusc FC est en soins intensifs après une attaque brutale. Selon les premiers rapports, il aurait été agressé et gravement blessé par le père d’un adversaire pendant le tournoi. Fractures au visage, notamment au niveau des yeux – des blessures qu’on rencontre plutôt dans les rapports de police sur des bagarres nocturnes que dans le football pour enfants.

La nouvelle s’est propagée en un clin d’œil dans la scène du football amateur de la région. Entraîneurs, responsables de clubs et bénévoles se sont réunis devant l’hôpital de Toulon. Beaucoup ne sont pas venus seulement par solidarité. Certains sont aussi arrivés avec une amère constatation : ce genre de choses ne surprend plus vraiment personne.

C’est précisément là que réside le vrai problème.

Depuis des années, entraîneurs jeunesse et arbitres rapportent une agressivité croissante au bord du terrain. Des parents hurlent sur les enfants, insultent les arbitres ou se disputent à cause de scènes de jeu insignifiantes. Une défaite dans un tournoi suffit parfois désormais à faire perdre totalement le contrôle aux adultes. Comme si l’issue d’un match U13 déterminait la Ligue des Champions.

Ceux qui fréquentent les terrains amateurs durant les week-ends voient souvent deux matchs en même temps : celui des enfants sur le terrain – et celui des adultes à côté. Le second a souvent une intensité nettement plus féroce.

Pourtant, le football jeunesse remplit une tout autre fonction. Les enfants y apprennent les règles, le respect, l’esprit d’équipe et à supporter les défaites sans s’effondrer. Les entraîneurs investissent d’innombrables heures bénévoles, organisent les déplacements, lavent les maillots, apaisent les disputes. Beaucoup le font après le travail, simplement par passion pour le sport.

Lorsque ces mêmes personnes sont attaquées, ce n’est pas seulement un individu qui est touché. Cela ébranle le socle même du football amateur.

Car les clubs vivent des bénévoles. Des personnes qui, malgré un temps libre limité, continuent de donner des entraînements ou d’organiser des tournois. Si cette volonté disparaît parce que la peur et la violence dominent le quotidien, le sport perd son pilier le plus important.

La scène de Six-Fours symbolise donc bien plus qu’une explosion de colère tragique. Elle montre à quel point certains adultes peinent à accepter que le football pour enfants ne soit pas un exutoire pour leurs frustrations personnelles.

Et là réside tout le problème.

Car quand les adultes perdent leur sang-froid, les enfants n’apprennent plus rien d’autre que le contraire du fair-play.

Andreas M. B.