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Nachrichten.fr · August 8, 2026

Télétravail depuis le Pakistan : licenciement justifié, mais pas de licenciement sans préavis

Versailles – 08.08.2026 : Un ordinateur portable, une connexion VPN et un lieu de travail dont l’employeur ignorait l’existence : la cour d’appel de Versailles s’est prononcée sur le licenciement d’un salarié qui avait travaillé depuis le Pakistan durant la pandémie de Covid-19, sans autorisation préalable. Franceinfo a évoqué l’arrêt du 22 janvier 2026 samedi dans son émission consacrée au droit du travail, “C’est mon boulot”. Selon les juges, ce comportement justifiait un licenciement ordinaire, mais non un licenciement sans préavis pour manquement grave.

Le salarié d’OPCO Mobilités s’était rendu au Pakistan afin de soutenir son père, dont l’état de santé était fragile. Il n’avait pas informé à l’avance son supérieur hiérarchique ni le service des ressources humaines de ce changement de lieu. L’employeur n’a découvert les connexions depuis l’étranger qu’à la suite d’une alerte de sécurité datée du 10 novembre 2020. Celle-ci concernait des accès, depuis un État situé hors de l’Union européenne, à des zones protégées de l’infrastructure informatique.

Le salarié contestait avoir négligé ses missions professionnelles. Selon le dossier judiciaire, il continuait de répondre aux messages professionnels, restait joignable et mettait sa force de travail à disposition. Le tribunal lui a néanmoins reproché d’avoir dissimulé une modification essentielle de ses conditions de travail. Il n’avait par ailleurs pas respecté les règles de l’entreprise relatives à la protection des informations confidentielles et des données personnelles.

Le contrat conclu avec OPCO Mobilités exigeait, pour le travail à domicile, un lieu garantissant la confidentialité et la sécurité des données. Le transfert unilatéral de son activité au Pakistan contrevenait à cette règle. Toutefois, ni une intrusion dans le système informatique ni une tentative concrète d’attaque n’ont pu être établies. Les connexions enregistrées depuis l’étranger ne suffisaient pas au tribunal pour parvenir à cette conclusion.

Les juges ont donc retenu un motif réel et sérieux de licenciement, mais ont écarté l’existence d’un manquement suffisamment grave pour rendre impossible le maintien du salarié dans l’entreprise jusqu’à la fin du préavis. Ils ont pris en compte le caractère isolé des manquements et le fait que le salarié continuait d’accomplir ses tâches. La cour d’appel a ainsi confirmé la décision du conseil de prud’hommes.

L’ancien salarié a conservé son droit à la rémunération au titre de sa mise à pied conservatoire, au respect du préavis ainsi qu’aux droits à congés correspondants. OPCO Mobilités devra en outre supporter les frais de la procédure d’appel et verser au demandeur 1 500 euros au titre des frais de procédure non remboursables. L’arrêt fixe ainsi une limite claire : le télétravail depuis l’étranger sans accord peut justifier un licenciement, mais ne suffit pas nécessairement à justifier un licenciement sans préavis.

Sources

  • Franceinfo, C’est mon boulot
  • Cour d’appel de Versailles, arrêt du 22 janvier 2026, RG 23/03562
  • Code du travail, articles L.1232-1 et L.1235-1

Artikel mit Hilfe künstlicher Intelligenz erstellt (Transparenzhinweis im Sinne von Artikel 50 der Verordnung (EU) 2024/1689 – EU AI Act).