Retour

Nachrichten.fr · July 17, 2026

Un compromis parlementaire sur la loi d’urgence agricole suscite de nouvelles critiques environnementales

Paris – 17.07.2026 : La commission mixte paritaire de l’Assemblée nationale et du Sénat est parvenue jeudi 16 juillet à un compromis sur le projet de loi visant à protéger et à renforcer la souveraineté agricole de la France. Selon la volonté du gouvernement, le texte doit aider plus rapidement les producteurs en matière d’accès à l’eau, de développement des exploitations, de protection contre les prédateurs et de négociations avec les acheteurs.

L’accord a été trouvé après environ six heures de discussions. Huit membres de la commission ont voté pour, quatre contre et deux se sont abstenus. Selon des informations issues du Parlement, la version adoptée s’inspire largement du texte précédemment modifié par le Sénat. La procédure législative n’est toutefois pas encore achevée.

L’Assemblée nationale doit examiner les conclusions de la commission le lundi 20 juillet 2026 à partir de 21 h 30. Le Sénat entend ensuite se prononcer en séance publique le mardi 21 juillet. La loi ne pourra être promulguée que lorsque les deux chambres auront approuvé un texte identique. Le gouvernement avait déjà engagé la procédure accélérée pour ce projet le 8 avril.

L’exception prévue pour certains insecticides demeure particulièrement controversée. Pour les betteraves sucrières, les pommes, les cerises et les noisettes, les substances actives flupyradifurone ou acétamipride pourraient être autorisées par décision ministérielle pour une durée maximale de trois ans. Une prise de position de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’ANSES, serait nécessaire. Les deux substances appartiennent au groupe des néonicotinoïdes.

L’association environnementale France Nature Environnement a réagi avec inquiétude à l’accord et y voit, selon ses propres termes, une évolution accélérée aux lourdes conséquences. D’autres organisations environnementales et des parlementaires de gauche dénoncent également cette orientation comme un recul dans la protection de la biodiversité, des pollinisateurs, des ressources en eau et de la santé. Les partisans du texte soulignent en revanche la limitation des dérogations ainsi que l’évaluation scientifique menée par l’ANSES.

Dans le volet consacré à l’eau, l’objectif de doubler les capacités de stockage agricoles d’ici à 2035 est maintenu. Les procédures relatives aux projets concernés doivent être simplifiées. Une règle proposée par le Sénat, qui aurait garanti une protection particulièrement forte des intérêts agricoles dans la gestion de l’eau, a toutefois été supprimée. Une définition légale plus restrictive des zones humides n’a pas non plus été retenue.

La loi regroupe d’autres mesures concernant les terres agricoles, les relations commerciales, les contrôles des importations, l’élevage et les dégâts causés par les loups. Le ministère de l’Agriculture la présente comme une réponse aux demandes du secteur en faveur de moins de contraintes administratives et d’une plus grande sécurité de planification. La question de savoir si la version de compromis franchira les deux votes finaux sera tranchée à Paris le 20 juillet et au Sénat le 21 juillet.

Sources

  • Sénat : dossier législatif sur la loi d’urgence agricole
  • Sénat : la loi en langage clair
  • Public Sénat : reportage sur l’accord de la commission mixte
  • Ministère de l’Agriculture : position sur le projet de loi