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Nachrichten.fr · July 25, 2026

Un moment difficile pour l’Europe et les États-Unis

La récente National Security Strategy (NSS) de l’administration Trump marque une rupture fondamentale avec la politique étrangère américaine menée jusqu’ici à l’égard de l’Europe. Pour la première fois, ce ne sont ni la Russie ni la Chine qui se trouvent au centre de l’analyse des menaces, mais l’Europe. À Bruxelles, Berlin et Paris, le document est lu comme une attaque contre le cœur du projet européen : les démocraties libérales, les institutions multilatérales et un cadre commun de politique de sécurité sont mis à l’épreuve. Ce qui restait jusqu’ici implicite devient désormais une ligne explicite : le rapprochement transatlantique perd de son importance pour Washington.

Un nouveau ton venu de Washington

La NSS 2025 dépeint l’Europe comme un continent en crise : « déclin civilisationnel » dû à la migration, déclin démographique, identités nationales menacées et une élite politique prétendument incompétente. Le texte salue ouvertement l’essor de partis européens « patriotiques » qui s’opposent au projet d’intégration européenne. En réalité, la section consacrée à l’Europe se lit comme un manifeste idéologique de la droite européenne — il n’est donc pas étonnant que l’ancien ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud, l’ait qualifiée de « pamphlet d’extrême droite ».

S’ajoute à cela l’exigence que l’Europe assume d’ici 2027 des éléments essentiels des capacités de défense de l’OTAN – du renseignement à la défense antimissile. Ce calendrier apparaît à de nombreuses capitales comme un retrait déguisé des États-Unis de leurs engagements en matière de sécurité. Le politologue Henry Farrell parle d’un « signal d’alarme » pour l’Europe : « Si l’Amérique traite ses alliés comme des adversaires, ceux-ci chercheront des alternatives. »

Transatlantisme révisionniste

Ce qui se dessine ici est un réalignement stratégique et idéologique : les États-Unis ne se retirent pas seulement militairement, mais veulent aussi exercer activement une influence sur l’architecture politique de l’Europe. Le terme de « transatlantisme révisionniste », forgé par les chercheuses de Brookings Tara Varma et Sophia Besch, va au cœur du sujet. Il désigne un axe transatlantique entre un Washington nationaliste et les partis de droite européens, qui remettent en question les valeurs libérales communes et promeuvent à la place des conceptions ethnonationalistes de l’ordre.

Le rapprochement politique de Trump avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son soutien à des concepts tels que la « remigration » s’inscrivent dans ce tableau. Parallèlement, les critiques de la NSS visent les « gouvernements minoritaires instables » en Europe – une pique directe contre des centristes libéraux comme Emmanuel Macron ou Friedrich Merz.

Architecture de sécurité sous pression

De fait, l’Europe est ainsi menacée par un vide géopolitique : sans garanties de sécurité américaines et sous la pression interne croissante des mouvements nationalistes, tant l’OTAN que l’UE sont soumises à une pression de légitimité. Dans ce contexte, l’exigence d’une souveraineté européenne en matière de défense ressemble moins à un appel partenarial qu’à un ultimatum.

Dans le même temps, il apparaît que la Russie sait tirer parti de cette dynamique : le porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, a publiquement salué la nouvelle stratégie américaine comme étant « largement conforme à notre vision ». Une alliance géopolitique entre des forces révisionnistes à Washington, Moscou et dans certaines parties de l’Europe constituerait une rupture tectonique pour l’ordre mondial libéral.

Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont mis en garde, dans le compte rendu d’une conversation apparemment divulgué, contre un « accord politique rapide » entre Trump et la Russie – aux dépens de l’Ukraine. Dans un discours à Pékin, Macron a averti : « Ce n’est que dans l’unité de l’Europe et des États-Unis que réside la force de résoudre durablement de tels conflits. »

Le document stratégique de Trump pourrait s’avérer être un double point de bascule : pour la politique étrangère américaine et pour la conception que l’Europe a d’elle-même. Il contraint les Européens à repenser leur dépendance à Washington – sur les plans de la sécurité, de la technologie et de l’économie. Les prochains mois montreront si l’Europe parvient à faire de ce défi un renouveau stratégique ou si la fragmentation interne continue de progresser.


PLUS D’ACTUALITÉS À LA UNE

L’excédent commercial de la Chine dépasse pour la première fois mille milliards de dollars américains

Malgré les droits de douane imposés par le président Trump, il n’a pas été possible d’arrêter la vague mondiale d’exportations en provenance de Chine. L’administration chinoise des douanes a annoncé aujourd’hui que l’excédent commercial cumulé du pays avait atteint 1,08 mille milliards de dollars américains à la fin novembre.

Certes, les exportations chinoises vers les États-Unis ont diminué d’un cinquième en raison des droits de douane, mais Pékin a également fortement réduit en retour ses importations en provenance des États-Unis – notamment de soja et d’autres produits. Le rapport reste déséquilibré : la Chine continue de vendre aux États-Unis trois fois plus qu’elle n’y achète. En outre, la Chine a considérablement accru ses exportations vers d’autres régions du monde, notamment vers l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine.


Baisse des taux d’approbation de Trump

Une analyse des données de sondage du New York Times montre que les taux d’approbation du président Trump ont légèrement mais sensiblement baissé au cours des dernières semaines, après des mois de stabilité relative.


AUTRES ACTUALITÉS

– Selon des responsables américains, l’administration Trump a expulsé vers l’Iran un avion charter rempli d’Iraniens, seulement la deuxième fois dans l’histoire des États-Unis.

– Au Bénin, une tentative de coup d’État menée par une partie de l’armée a eu lieu hier, plongeant ce pays d’Afrique de l’Ouest dans une situation d’incertitude.

– Au moins 25 personnes sont mortes dans un incendie dévastateur dans une boîte de nuit de l’État indien de Goa.

– Le président Vladimir Poutine a ordonné à l’armée russe de se préparer à des combats dans des conditions hivernales – un signal qu’il ne renonce pas à ses exigences malgré les discussions avec des représentants américains.

Netflix prévoit de racheter Warner Bros. Discovery pour 82,7 milliards de dollars américains – une opération qui pourrait transformer en profondeur l’industrie cinématographique et l’ensemble du paysage médiatique.

L’Arabie saoudite a discrètement commencé à vendre de l’alcool à certains résidents étrangers.

Katy Perry et Justin Trudeau ont exploré le Japon ensemble – et ont rendu leur relation quasiment officielle avec des photos communes sur Instagram.

Par Andreas Brucker