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Nachrichten.fr · July 15, 2026

L’Assemblée nationale vote définitivement sur le droit à l’aide à mourir

Paris – 15.07.2026 : L’Assemblée nationale se prononce ce mercredi, en lecture définitive, sur le projet de loi visant à instaurer, sous des conditions strictes, un droit à l’aide à mourir. Après l’échec répété d’un accord avec le Sénat, la chambre des députés a le dernier mot en vertu de l’article 45 de la Constitution. Une adoption marquerait l’aboutissement législatif de la procédure parlementaire engagée depuis 2025.

Le Sénat avait de nouveau rejeté le texte le 7 juillet, après que les deux chambres eurent déjà profondément divergé lors de plusieurs lectures. L’Assemblée nationale avait approuvé le projet en nouvelle lecture le 30 juin. Lors de l’examen définitif, les députés ne peuvent plus modifier le texte. Le vote porte donc essentiellement sur la version précédemment adoptée par l’Assemblée nationale.

La loi doit ouvrir aux personnes majeures atteintes d’une maladie grave et incurable l’accès à une substance létale. Elle exige que l’espérance de vie soit affectée par la maladie et que la personne souffre de douleurs réfractaires aux traitements ou jugées insupportables. En principe, la substance doit être administrée par la personne concernée elle-même ; si cela est physiquement impossible, elle peut, sous certaines conditions, être administrée par un médecin ou un infirmier.

Le gouvernement présente ce projet comme une extension strictement encadrée de l’autodétermination en fin de vie. Ses opposants y voient au contraire le risque d’une protection insuffisante des personnes vulnérables et d’un bouleversement fondamental de la relation entre soins, médecine et mort provoquée à la demande. Lors de ses délibérations, le Sénat avait privilégié un dispositif nettement plus restrictif et avait finalement rejeté l’instauration d’un tel droit.

Le Premier ministre Sebastien Lecornu a annoncé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel après l’adoption attendue du texte. Les juges devront notamment examiner si la durée du délai de rétractation prévu par la loi est compatible avec la liberté personnelle et la dignité humaine. Il en va de même pour les règles applicables aux personnes majeures placées sous protection juridique ou sous tutelle, dont le consentement libre et éclairé doit faire l’objet de garanties particulières.

Un autre point de contrôle concerne la clause de conscience pour le personnel médical. Les médecins et infirmiers doivent pouvoir refuser de participer, mais ils devront informer sans délai la personne requérante et l’orienter vers d’autres professionnels disposés à intervenir. Se pose également la question de la compatibilité entre cette liberté individuelle et les établissements dont la mission repose sur l’accompagnement des personnes gravement malades en fin de vie et qui excluent institutionnellement l’aide à mourir.

La saisine du Conseil constitutionnel ne constitue pas une répétition politique du débat parlementaire, mais un contrôle de dispositions précises à l’aune de la Constitution. La loi ne pourra être promulguée qu’après sa décision. Parallèlement, le Parlement avait déjà adopté une loi distincte visant à renforcer les soins palliatifs, afin de développer un accompagnement de fin de vie accessible sur l’ensemble du territoire.

Sources

  • Assemblée nationale
  • Sénat
  • AFP via Capitol

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