Retour

Nachrichten.fr · July 18, 2026

Loi agricole avant le vote final : LFI accroît la pression sur les dérogations aux pesticides

Paris – 18.07.2026 : Le projet de loi visant à protéger et à renforcer la souveraineté agricole arrive à son étape parlementaire décisive. La commission mixte paritaire, composée de sept députés et de sept sénateurs, est parvenue jeudi 16 juillet à un texte commun. L’Assemblée nationale doit l’examiner le lundi 20 juillet à 21 h 30 ; le Sénat suivra le mardi 21 juillet en fin d’après-midi.

La députée Aurélie Trouvé de La France insoumise a déclaré avant le vote final que chaque député devra rendre des comptes. Sa critique vise surtout la possibilité, maintenue dans le compromis, d’accorder des dérogations limitées dans le temps pour deux insecticides interdits en France. Trouvé a évoqué une opposition, selon elle largement partagée au sein de la population française, aux pesticides nocifs pour la santé et l’environnement.

Le texte issu de la commission mixte prévoit que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses, puisse examiner des dérogations pour l’acétamipride et le flupyradifurone. Celles-ci devront rester limitées à des filières de production en difficulté. Les deux substances actives appartiennent aux néonicotinoïdes ; elles sont interdites en France, mais restent autorisées dans certaines parties de l’Union européenne. Leurs défenseurs soulignent que la décision sera prise sur une base scientifique et non partisane.

Le conflit illustre le dilemme fondamental au coeur de la loi. Le gouvernement veut répondre aux demandes du monde agricole qui, après les manifestations du début d’année, réclamait surtout moins de contraintes administratives, une meilleure protection contre la concurrence déloyale et davantage de sécurité pour planifier. La loi comprend donc aussi des dispositions sur le stockage de l’eau, la protection des terres agricoles, la position économique des producteurs et la lutte contre les dommages subis par les exploitations.

Dès la première lecture, l’Assemblée nationale avait adopté le projet gouvernemental le 2 juin par 369 voix contre 178 ; 15 députés s’étaient abstenus. Le Sénat a ensuite fortement modifié le texte et l’a adopté le 2 juillet par 219 voix contre 111. Les dispositions introduites par le Sénat sur l’eau et les produits phytosanitaires ont précisément rendu le processus de conciliation qui a suivi particulièrement controversé sur le plan politique.

Les votes à venir sont juridiquement nécessaires : un compromis de commission mixte ne prend effet que si les deux chambres l’approuvent. En principe, aucune modification du texte commun n’est plus prévue à ce stade. Si une chambre le rejette, la voie vers une adoption rapide avant la pause parlementaire estivale serait bloquée. Cela explique tant la mobilisation accrue de l’opposition que l’intérêt du gouvernement pour un accord final.

Pour Trouvé et d’autres opposants, la disposition sur les pesticides constitue un test permettant de savoir si le Parlement préserve suffisamment la protection de l’environnement et de la santé face à des intérêts de production à court terme. Les partisans du texte invoquent au contraire le caractère exceptionnel des dérogations, l’expertise de l’Anses et la pression concurrentielle qui pèse sur les exploitations françaises. Les votes finaux des 20 et 21 juillet montreront si le compromis trouvé en commission mixte recueille une majorité solide.

Sources

  • Sénat : dossier législatif sur la loi relative à la protection et à la souveraineté de l’agriculture
  • Sénat : aperçu de la procédure législative en cours
  • Assemblée nationale : analyse du vote du 2 juin 2026
  • Ministère de l’Agriculture : communication sur la première lecture
  • LCP-Assemblée nationale : reportage sur le compromis de la commission mixte

Dieser Artikel wurde mit Hilfe künstlicher Intelligenz erstellt.