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Nachrichten.fr · July 21, 2026

Loi agricole : une exception pour deux insecticides relance le débat

Paris – 21.07.2026 : L’Assemblée nationale française a adopté, le lundi 20 juillet 2026, le texte de compromis relatif à la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Au coeur de l’affrontement politique se trouve une disposition qui devrait permettre, sous des conditions strictes, des dérogations temporaires à l’interdiction nationale de deux insecticides : l’acétamipride et le flupyradifurone.

Le débat ne porte pas sur une réautorisation générale immédiate. Selon le texte parlementaire disponible, les dérogations ne pourraient être accordées que par décret et supposeraient en outre une autorisation européenne ou une approbation au titre des règles pertinentes de l’UE. Des avis de l’agence française de santé et de l’environnement ANSES ainsi que d’un organe de contrôle composé de parlementaires sont également prévus.

Le texte cite notamment comme conditions une impasse technique démontrée dans les cultures concernées, l’absence ou l’insuffisance manifeste de moyens alternatifs et un plan de recherche consacré à des solutions de remplacement. Les meilleures pratiques possibles contre la dérive devraient en outre être appliquées. Selon la disposition légale, la dérogation ne doit pas entraîner de risques importants pour la santé humaine ni causer de dommages graves et irréversibles à l’environnement.

L’acétamipride appartient à la famille des néonicotinoïdes. Le flupyradifurone n’appartient pas chimiquement à ce groupe, mais agit selon un principe comparable sur le système nerveux des insectes. La France a interdit au niveau national l’utilisation des néonicotinoïdes et des substances actives ayant un mode d’action similaire. L’acétamipride reste toutefois approuvé au niveau de l’UE. C’est précisément cette différence entre les règles françaises et européennes qui est au coeur du conflit.

Les partisans de la dérogation invoquent la protection de certaines productions agricoles contre les ravageurs ainsi que les désavantages concurrentiels des exploitations françaises face aux producteurs d’autres Etats membres de l’UE. Selon des informations issues du secteur agricole, les cultures de betteraves, de fruits et de noisettes pourraient notamment être concernées par les dispositions spéciales envisagées. Une utilisation ne serait toutefois pas autorisée par la seule loi, mais dépendrait de décisions administratives supplémentaires.

Les critiques mettent en garde contre les conséquences possibles pour les pollinisateurs, d’autres insectes et l’environnement. Le Conseil d’Etat avait documenté, dans des procédures antérieures, les éléments avancés par les autorités françaises concernant les risques de l’acétamipride pour les pollinisateurs, ainsi que ses effets neurotoxiques, liés au développement et hormonaux. L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’OPECST, avait également signalé en avril des questions environnementales et sanitaires non résolues et réclamé davantage de recherche sur les alternatives.

Le vote de l’Assemblée nationale ne clôt pas encore entièrement la procédure législative. Le Sénat devait également examiner le texte modifié le mardi 21 juillet 2026. Ce n’est qu’après l’achèvement de la procédure parlementaire, un éventuel contrôle de constitutionnalité et la promulgation que la loi pourra entrer en vigueur. Pour les insecticides controversés, des règles de dérogation concrètes et des évaluations techniques seraient en outre nécessaires.

Sources

  • Assemblée nationale : dossier législatif sur la loi d’urgence agricole
  • Sénat : texte de loi et régime de dérogation pour l’acétamipride et le flupyradifurone
  • Conseil d’Etat : décision sur les risques et l’interdiction nationale
  • OPECST : rapport parlementaire sur les questions environnementales et sanitaires liées à l’acétamipride